En France, les organisations syndicales représentatives de la fonction publique appellent à une journée de grève unitaire ce mardi 29 septembre, alors que le budget de la Sécurité sociale doit être présenté jeudi. Les syndicats appellent à une journée « massive », avec au cœur de la mobilisation la question du pouvoir d'achat, mais aussi les conditions de travail. 

Publié le : 29/09/2026 - 08:04

4 min Temps de lecture

En France, huit des principaux syndicats de la fonction publique appellent l'ensemble des personnels à la mobilisation et à la grève ce mardi 29 septembre sur tout le territoire. Les syndicats espèrent réunir le plus de fonctionnaires possible, afin d'influer sur les arbitrages du gouvernement, mais aussi pour « lancer un message aux candidats à la présidentielle » à l'aube de la campagne électorale, propice au « fonctionnaire bashing », indiquait jeudi la secrétaire générale de la CFDT fonction publique, Laure Revel.

Les fonctionnaires font face comme tous les français à l'explosion des prix du carburant qui nourrit l'inflation, notamment dans l'alimentaire. Un contexte déjà contraint, auquel s'ajoute la perspective du gel du point d'indice des fonctionnaires l'an prochain. 

Les agents de la fonction publique ne devraient pas voir leurs salaires revalorisés. Sébastien Lecornu a défendu la mesure alors que le gouvernement cherche à dégager 54 milliards d'euros d'économies sur le budget de l'an prochain. Une mesure vécue comme une provocation par l'intersyndicale qui espère encore pouvoir peser sur le budget. Depuis 2017, les fonctionnaires ont vu leur point d'indice revalorisé au total de 5 % alors que sur la période, selon l'Insee, l'inflation cumulée a atteint plus de 24 %. 

À lire aussiFrance: Sébastien Lecornu présente un budget «offensif» pour 2027, avec 54 milliards d'économies

La CGT a promis une « journée noire » ce mardi dans la fonction publique, et les autorités s'attendent à voir défiler entre 20 000 et 40 000 personnes, hors pompiers. Le premier syndicat des enseignants des écoles primaires s'attend à 40 % de grévistes chez les professeurs des écoles, a-t-il indiqué lundi à l'AFP. De leur côté, les transports sur les réseaux ferrés SNCF et RATP ne devraient être que ponctuellement perturbés par la grève.

Une baisse conséquente du pouvoir d'achat des fonctionnaires 

Le gel du point d'indice qui permet d'augmenter les salaires des agents publics ne passe pas du tout chez les fonctionnaires. Ils dénoncent une baisse de leur pouvoir d'achat depuis plusieurs années déjà.

« On a perdu en quelques années énormément en pouvoir d'achat, dénonce Sylvie Aébischer, co-secrétaire générale de l'UFSE-CGT (Union fédérale des syndicats de l'État). Le point d'indice n'a pas été revalorisé depuis trois ans, depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir. On a perdu 15,62 % de pouvoir d'achat. Il faut imaginer ce que ça peut représenter pour un agent. Donc la perte de pouvoir d'achat pour un agent public en catégorie C, depuis 2023 et d'environ 100 euros par mois, donc de manque à gagner. »

Face à l'augmentation des prix, la reprise de l'inflation, l'explosion des prix de l'essence à la pompe et le prix du caddie, les agents publics ont besoin de récupérer ces pertes de salaires, insiste Sylvie Aébischer : « À un moment, ça suffit de faire des économies sur le dos des agents publics. Donc l'annonce par le gouvernement Lecornu de poursuivre le gel du point d'indice, ça suffit. Il y a une vraie colère qui s'exprime, d'abord sur la question salariale. Après, on a d'autres revendications, évidemment sur les moyens des services publics et les conditions de travail. »

Des infirmiers en sous effectifs avec des bas salaires

La mobilisation des agents des fonctionnaires vise aussi à demander des moyens budgétaires à la hauteur des missions des services publics, une égalité salariale entre les hommes et les femmes, ou encore l'amélioration des conditions de travail. Avec des conditions de travail très difficiles, les infirmiers seront particulièrement mobilisés ce mardi. 

« Dans le secteur de l'hôpital, année après année, nous avons moins de soignants pour répondre aux besoins de santé de la population, explique Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers. Alors que ces besoins augmentent du fait du vieillissement et de l'augmentation des pathologies chroniques. Tout au long de l'année, on est en sous effectifs et cela se traduit par des erreurs de soins, une augmentation de la durée d'hospitalisation et cela entraîne des décès. »

Les bas salaires des infirmiers sont également pointés du doigt : « On a une absence de revalorisation salariale depuis plusieurs années, et cela entraîne une perte de pouvoir d'achat importante, rappelle Thierry Amouroux. Par exemple, pour ce qui est des infirmiers, nous sommes payés 10 % en dessous du salaire infirmier moyen européen. » La conséquence est un manque d'attractivité de la fonction chez les jeunes infirmiers qui vont travailler par exemple en Suisse ou au Luxembourg où le salaire brut est deux à trois fois supérieur.

Cette journée de mobilisation fera donc office de test, deux ans après la dernière journée d'action unitaire et alors que la campagne présidentielle a bel et bien démarré. 

La CGT recense plus de 170 manifestations partout en France. Une nouvelle journée de manifestation pourrait avoir lieu contre la hausse du coût des carburants le 17 octobre prochain. 

À lire aussiCrise de l’hôpital en France: «les conditions de travail sont catastrophiques»