Jimmy Gressier a obtenu la médaille de bronze sur 10 000 mètres.

Jimmy Gressier a obtenu la médaille de bronze sur 10 000 mètres.

© Peter Hansson/Sipa USA/SIPA

Patrick Montel 16/08/2026 à 08:24

La voix légendaire de l'athlétisme s'inquiète des résultats décevants de la délégation française et de l'avenir de son sport. L'athlétisme est-il en passe d'être supplanté dans le cœur des fans par la natation ?

Des audiences TV en demi-teinte, des tribunes clairsemées dans un stade champêtre. Les championnats d’Europe d’athlétisme organisés pour la première fois en Angleterre me laisse au fond de la gorge un petit arrière-goût amer. Côté tricolore, des performances ont été trop souvent décevantes. « France ton athlé fout le camp ! » seront tenté de dire certains. Difficile de leur donner tort et de se contenter de l’argumentaire habituel. L’athlétisme, une discipline exigeante et ingrate, serait peu compatible avec les aspirations d’une jeunesse plus sensible au ludique et au numérique. L’ambiance de feu dans la piscine de Saint Denis nous a prouvé avec éclat le contraire. Dans le sillage du phénoménal Léon Marchand, la natation pourtant réputée peu télégénique, est devenue très tendance. 

Depuis les JO de Paris, combien de gamins et de gamines consacrent leur temps libre à contempler le fond des piscines ? Pour exister un sport qui se pratique et qui se regarde ne peut se dispenser de têtes d’affiche. Qui peut aujourd’hui dans la France athlétique se prévaloir de ce statut ? Chez nos voisins italiens, Gianmarco Tamberi est le pendant de Léon Marchand. L’athlétisme transalpin, naguère moribond affiche désormais une forme éblouissante. À lui seul, son leader Tamberi a ambiancé tout le stade Alexander. Non content de remporter encore une fois la médaille d’or, le fantasque sauteur en hauteur s’est aussi chargé de l’animation. Si Léon Marchand incarne le gendre idéal, Gianmarco Tamberi est le pote en compagnie duquel on rêve de faire la fête. Il n’en faut pas davantage pour doper les audiences et susciter des vocations. 

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Si l’athlétisme français persiste à évoluer à contretemps, je ne donne pas cher de sa peau à moyen terme. L’émotion dans le stade ou en position commentateur est devenue une nécessité absolue.

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