Françoise Wéles-Georges démissionne de son poste d'échevine de Bastogne : "J'ai réfléchi longtemps, mais ce choix s'imposait pour plusieurs raisons"
L'info est tombée quelques minutes avant le conseil communal de Bastogne mercredi soir: la majorité allait proposer, en urgence, de supprimer un poste d'échevin dès à présent, sans attendre l'échéance de 2030 fixée par la Région. "Le faire de façon volontaire est une possibilité et nous préférons être précurseurs plutôt que de subir. Nous avons pris nos dispositions en début de semaine, d'où l'urgence, explique, en fin de séance, le bourgmestre Benoît Lutgen alors que le point est ensuite adopté à l'unanimité sans discussion.La réalité du point suivant (NDLR: la démission d'une échevine) nous à amener à cette décision." C'est que ce choix de prévoyance, est guidé, comme on l'apprend quelques instants plus tard, par une "occasion", l'annonce du départ de l'échevine François Wéles-Georges, pour raison professionnelle (voir ci-dessous).
Une décision difficile à prendre pour l'échevine des Finances et un départ marquant pour son chef de file, dont les yeux se sont humidifiés au fil de son hommage, devant les essuyer à l'une ou l'autre reprise: "Nous avons eu l'immense chance d'avoir une femme formidable en termes d'investissement, d'engagement, de travail et de conviction. Elle a pris des compétences importantes avec les Travaux et les Finances, où elle a su prendre les choses en main rapidement, allant plus loin que prévu alors qu'il a fallu gérer la fusion. Quand une telle personne vous dit: "Désolé, je dois faire des choix", vous n'avez pas envie qu'elle s'en aille, mais vous le comprenez, peut-être pas tout de suite, mais rapidement. C'est un moment heureux pour toi, mais particulier, car la politique, ce sont aussi des humains, des relations."
Du boni et 27 millions€ d'investissements inscrits au budget 2026 de la Commune : "Bastogne peut faire face aux difficultés, bien plus que d'autres"Le temps de recevoir un bouquet puis une salve d'applaudissements, Françoise Wéles-Georges a d'abord pris le temps de retrouver son souffle entre ce flot d'émotions marqué par des larmes: "C'est le moment de tourner une page après 14 ans de vie communale. C'est une décision importante à prendre. J'ai aimé ce travail, les missions et les relations humaines. Merci à toi Benoît, pour ta confiance avec des postes qui m'ont permis de m'épanouir, Merci à tous les élus et à la population. Tourner une telle page n'est pas facile, mais je sais lque l'équipe en place est de qualité, cela rend le choix plus doux." La cheffe de file de la minorité Jessica Mayon s'est jointe aux félicitations: "C'est un moment important, l'émotion que l'on ressent montre comme tu aimes ta commune. Je tiens à souligner tout ton engagement et à te remercier pour toutes tes explications et ta disponibilité. Tu peux être fière de ton parcours !"
Quid des compétences ?
Quant aux compétences de l'échevinat supprimé, la nouvelle répartition devrait tomber dans les prochains jours.
"J'ai tusé longtemps, mais ce choix s'impose vu les conditions professionnelles"
Devenue conseillère en 2012 sur la liste du bourgmestre, Françoise Wéles-Georges, aussi investie dans ses tâches que souriante au quotidien, est devenue échevine des Travaux en 2018, avant de prendre les Finances en 2024. Cette enseignante en comptabilité tire le bilan.
Françoise Wéles-Georges, qu'est-ce qui vous a amené à cette décision ?
J'ai pris un aménagement de fin de carrière. Quand j'étais échevine, j'avais pris un mi-temps politique. J'étais deux jours à l'école et le reste pour la politique, avec des journées entières à la Commune. Mais là, mes heures sont réparties sur quatre jours, donc j'allais manquer de temps pour la Commune. C'est la principale raison. Et financièrement, un cumul est possible, mais compliqué.
Pourquoi le faire maintenant ?
Je réunissais déjà les conditions en 2024 et je m'étais furtivement posé la question, mais la vie politique m'anime de trop. Mais vu les mesures sur l'enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du fédéral sur les pensions, il fallait que je rentre dans ce système avant le 1er janvier 2027 pour que la date de ma pension ne soit pas repoussée. Sinon ma carrière sera prolongée sans plus de pension.
La décision a-t-elle été difficile ?
Très, car j'adore ce que je fais. Je tuse à ça depuis le début de l'année. J'ai déposé ma demande en mai, sans savoir ce que je voulais vraiment, tellement c'était difficile. Puis j'ai eu le feu vert. Et ce choix s'impose car j'ai un mari pensionné, qui a toujours été d'un soutien sans faille, et je vais être mamy une deuxième fois. Puis je fais confiance à la vie.
Retour en arrière, comment êtes-vous entrée en politique ? Vous attendiez-vous à vivre tout cela ?
Je suis née dedans, mon papa a été longtemps conseiller. Benoît me l'a proposé, peut-être pour cela. Mais je ne m'attendais pas à vivre tout ça, car tu ne sais jamais comment tu es perçue. Vu mon bon score lors de ma première élection, qui m'a vraiment étonnée, j'aurais pu revendiquer un échevinat, mais cela n'est pas arrivé et ce n'était pas un souci. D'autant que j'ai eu la chance d'être l'adjointe de "Colli" et de Fabian Lafontaine, qui m'ont confié des dossiers concrets de A à Z, comme l'installation des tableaux numériques dans les écoles. Cela m'a boostée et en 2018, après avoir amélioré mon score, l'échevinat s'est imposé.
Avec les Travaux d'abord, pas votre tasse de thé à la base, si ?
Étonnamment, cela s'est très bien passé. Je viens d'une ferme, donc je suis habituée à mettre la main à tout. Je savais ce qu'était un caniveau ou un raccordement. Mais j'ai dû apprendre beaucoup, surtout au début, sur les cahiers des charges, etc. Puis, j'ai été accueillie super bien par tous les mecs qui géraient les travaux, cela a aidé !
Les Finances ensuite, bien plus votre domaine de prédilection…
Oui, c'était plus une évidence et j'ai adoré. Je me suis rendu compte que les chiffres m'avaient manqué, ce côté concret, le fait d'établir une stratégie à long terme. Avoir fait le premier budget fusionné était, après coup, une chance, car il a fallu passer article par article. J'ai donc appris rapidement, grâce aussi à l'aide de Béatrice Wuidart et Brigitte Caprasse.
Travailler avec Benoît Lutgen, qui aime plutôt contrôler les choses, comment était-ce ?
Pas compliqué, peut-être de par mon caractère où je sais me faire entendre. Il aime gérer, mais il sait écouter si les arguments sont bons. J'ai eu énormément de chance d'avoir un tel bourgmestre, soutenant et toujours à la recherche de solution.
Que retenez-vous de cette aventure ?
Je suis heureuse d'avoir découvert la politique communale, cela m'a permis de rencontrer plein de gens et de m'épanouir, en apprenant un tas de choses. Les relations avec les gens, c'est ce qui va me manquer le plus.
Est-ce un adieu ou un au revoir ?
C'est encore trop tôt pour répondre, je verrai si ce choix me convient ou si j'ai des regrets. Je vais d'abord me consacrer bien plus à ma famille qui le mérite après toutes ces années et on verra ensuite. D'ici la fin de l'année, je partagerai mes connaissances sur les dossiers avec mes collègues.
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