Google pousse Personal Intelligence dans tous ses services, de la recherche jusqu’à Android Auto. Sa politique de confidentialité vient d’être retouchée sur un point sensible. Les contenus de Gmail et de la photothèque peuvent désormais nourrir la publicité ciblée.

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Crédits : Adobe Stock

Chez Google, l’intelligence artificielle ne se nourrit plus seulement du web. Depuis janvier, le mode IA du moteur peut consulter la boîte mail et la photothèque de l’utilisateur pour affiner ses réponses. La firme de Mountain View présente cette connexion comme un service rendu, entièrement facultatif. Des millions de comptes ont déjà accepté. Son activité publicitaire reste pourtant la principale source de revenus du groupe américain.

Personal Intelligence, c’est le nom donné à cette passerelle entre l’assistant et les outils maison. Gemini en a hérité le premier, la recherche a suivi, et Android Auto vient de la recevoir à son tour. Il pioche dans la messagerie, le calendrier, les photos, Maps et YouTube. Au volant, le conducteur demande son numéro de porte sans préciser sa compagnie aérienne. Une phrase discrète vient toutefois d’apparaître dans les règles de confidentialité de l’entreprise.

Gmail et Google Photos perdent leur protection contre la publicité ciblée une fois connectés

Le 16 octobre, Google a modifié sa politique de confidentialité. Son texte précise que la recherche peut traiter les données auxquelles l’utilisateur lui donne accès afin de personnaliser le contenu qu’il voit, et les publicités entrent explicitement dans ce périmètre. L’ancienne règle n’a pas disparu. Elle continue d’exclure Gmail, Drive et les photos du ciblage, sauf pour les personnes qui relient elles-mêmes ces contenus aux autres services du moteur. En clair, accepter la personnalisation revient à autoriser des annonces taillées sur mesure.

Le réglage se trouve dans le compte Google, à la rubrique de personnalisation des services de recherche. Sous l’entrée Personal Intelligence supplémentaire, les applications de contenu connectées se désactivent en quelques secondes. Les annonceurs n’accèdent jamais aux messages ni aux photos, et les catégories sensibles comme la santé ou la religion restent écartées du ciblage. Seules les déductions tirées de ces documents alimentent la machine.

Personal Intelligence reste indisponible dans l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni. Côté français, les internautes échappent donc à cette mécanique. Rien ne garantit que la frontière tienne. Google déploie ses fonctions IA en Europe avec retard, puis finit presque toujours par les y amener.