Les Springboks ont remporté le troisième round de la série Greatest Rivalry (29-24) et enchaînent un deuxième succès. Poussés par Nché, grandiose en mêlée, ou encore Kriel, décisif, les Springboks ont mis à mal les coéquipiers du jeune Leroy Carter, fautif. Voici le baromètre de la rencontre.

Les tops

  • Ox Nché

Le pilier sud-africain est peut-être le meilleur à son poste sur la planète rugby. Encore dans un match d'une intensité dingue, Nché a montré qu'il était le gaucher complet qu'Erasmus adore. Déjà, sur les fondamentaux, sa poussée a récompensé l'Afrique du Sud à plusieurs reprises. Évidemment sur l'essai de pénalité juste avant la mi-temps où il enfonce les All Blacks dans leur en-but, mais aussi en début de seconde période où il obtient une importante pénalité pour donner de l'air à son équipe asphyxiée. Globalement, la mêlée sud-africaine a montré encore une fois qu'elle avait énormément de certitudes, et Nché en tête de gondole.

  • Jesse Kriel

Comment ne pas le mettre dans nos hommes du match alors qu'il est allé chercher tout seul le troisième essai (57e minute) des Springboks, celui leur permettant de revenir à hauteur des All Blacks et même de passer en tête par la transformation de Feinberg-Mngomezulu. D'un raffut d'école, il a laissé Leroy Carter sur place avant d'enclencher une course de laquelle il ne sera pas rattrapé. Un match décisif pour le numéro 13, qui a œuvré pour que les siens l'emportent à Johannesbourg devant près de 86 000 personnes.

  • Will Jordan

On ne cesse de le dire : Will Jordan est un joueur hors du commun, qui continue d’écrire sa légende match après match. Ce samedi encore, l’ailier a été la braise qui a enflammé les All Blacks et brûlé les Sud-Africains. Sur chaque prise de balle, le joueur des Crusaders a trouvé une solution insoupçonnée pour franchir et amener le danger dans le camp adverse, comme en témoigne sa percée d’entrée de match (7e), ou encore son essai, qui suivait une géniale inspiration au pied (56e). Pour chipoter, soulignons que son coup de pied trop long (63e) et sa passe interceptée en première mi-temps ne rendaient pas hommage à son talent hors normes. 

  • Ardie Savea 

Sa sortie du terrain à la demi-heure de jeu était un immense coup dur pour les All Blacks. Les hommes en noir perdaient non seulement leur leader moral mais aussi celui qui incarnait le plus le gros début de match néo-zélandais. Auteur d’un doublé opportuniste, le troisième ligne a été fidèle à sa réputation en se jetant sur chaque ballon et en imposant sa puissance et son dynamisme sur chaque action. Il a cruellement manqué aux siens par la suite. 

Les flops

  • Sacha Feinberg-Mngomezulu

Un début de match compliqué pour le numéro 10 de l'Afrique du Sud, dans la lignée de ce qu'il propose. Il commet un en-avant volontaire à la 8e minute alors que les All Blacks avaient une belle situation. Sanctionné d'un carton jaune dans un match d'une intensité folle, il a laissé ses coéquipiers à quatorze pendant dix minutes. Sur le deuxième essai d'Ardie Savea, le revoilà dans un mauvais coup. Coupable d'un contest dans un ruck tout ce qu'il y a de plus irrégulier, il s'en sort bien car Savea va marquer. Sinon, il aurait pu être exclu. Pour la suite du match, il n'a pas brillé particulièrement et sort du troisième round avec plus d'incertitudes que de quoi se rassurer. L'ombre de Pollard, pour l'heure blessé, s'intensifie.

  • Leroy Carter

Certes, l’ailier des Chiefs est capable, par sa vitesse et ses crochets, de faire de grosses différences, à l’instar de son accélération sur le deuxième essai de Savea. Mais en défense, celui qui était déjà fautif la semaine dernière a encore coûté cher. Cela a été le cas sur l’essai d’Arendse, lorsqu’il se faisait écraser par le raffut du puissant Damian De Allende. En seconde période, Carter s’est cette fois fait déposer par Kriel, laissant le centre inscrire un essai décisif. Deux ratés sur des moments importants, qui coûtent véritablement le match. 

  • Ruben Love

L’ouvreur néo-zélandais n’a pas été des plus inspirés sur la pelouse sud-africaine. Même s’il a réussi à amener de la vitesse dans le jeu des siens, le joueur des Hurricanes a écopé d’un carton jaune pour une faute cynique (36e). Surtout, ses manqués face aux perches ont trahi les siens. Love a d’abord manqué une pénalité plutôt lointaine mais axiale (53e), puis a vu sa tentative de transformation sur l’essai de Jordan fuir le cadre (56e). Par la suite, les Boks ont pris l’ascendant et ont rapidement retourné la situation.