Guerre au Moyen-Orient, jour 135 : les bombardements reprennent, le détroit d’Ormuz de nouveau fermé
Le détroit d’Ormuz de «plus important» que des «bombes atomiques», pour les Iraniens
Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaï, un ancien chef des Gardiens de la Révolution, a déclaré dimanche que le détroit d’Ormuz, qui cristallise les tensions avec les Etats-Unis, revêtait pour l’Iran davantage d’importance que son programme nucléaire .
« Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d’Iran le protégera », a dit Mohsen Rezaï, cité par l’agence Isna, en référence au programme nucléaire iranien que les Etats-Unis, Israël et les pays occidentaux soupçonnent d’avoir des visées militaires. Téhéran dément mais insiste sur son droit au nucléaire civil.
Les États-Unis lancent à leur tour de nouvelles frappes
« L’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient », a écrit sur X le ministre américain de la défense, Pete Hegseth.
Le Commandement central de l’armée américaine (Centom) a annoncé avoir mené environ 140 frappes contre des cibles militaires en Iran, la troisième série depuis mardi, visant « des sites de missiles et de drones iraniens, des moyens navals, des dépôts de munitions, des réseaux de communication et des postes de surveillance côtière ».
Des médias iraniens ont fait état d’explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l’île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l’Irak, sans signaler de victime dans l’immédiat.
Les États du Golfe ciblés par de nouvelles frappes
Au Koweït et aux Émirats arabes unis, les autorités ont dit faire face à des attaques aériennes. Les sirènes d’alerte ont retenti au Bahreïn, et au Qatar, des journalistes de l’AFP ont entendu des explosions et assisté à des interceptions dans le ciel du sud de la capitale Doha.
Les autorités de l’émirat ont confirmé avoir intercepté des missiles. Les Gardiens de la Révolution ont déclaré dans un communiqué cité par les médias officiels qu’ils avaient visé une base aérienne américaine au Qatar « en réponse aux attaques continues » des États-Unis.
Les Gardiens de la Révolution ont aussi revendiqué une rare attaque sur le voisin d’en face Oman, affirmant avoir détruit des bases d’appui logistique aux porte-avions américains sur le port de Duqm, selon l’agence Irib.
Le Qatar a condamné dimanche «avec la plus grande fermeté les nouvelles attaques menées par la République islamique d’Iran », contre son territoire et ses voisins, après les salves de missiles lancées par la République islamique contre plusieurs pays arabes.
L’Iran annonce la fermeture du détroit d’Ormuz
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont annoncé dimanche la fermeture « jusqu’à nouvel ordre » du détroit d’Ormuz, après avoir tiré sur un navire qui empruntait une « route non autorisée ».
« Plusieurs navires ont tenté d’emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements et nos rappels leur enjoignant de corriger leur route et de suivre la route approuvée », ont écrit les Gardiens de la Révolution dans un communiqué sur Telegram.
« À la suite de cet incident, et compte tenu notamment de l’insécurité engendrée par l’intervention illégale d’étrangers, le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à la fin des interventions américaines dans cette région ; aucun navire ne sera autorisé à le traverser », ont-ils ajouté.
Un navire indien attaqué dans le détroit d’Ormuz
Le Commandement central de l’armée américaine (Centom) accuse l’Iran d’avoir touché le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote.
Selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l’attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l’est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d’Oman, et a causé un incendie à bord, engendrant l’évacuation de l’équipage sur un canot de sauvetage.
Onze ressortissants indiens se trouvaient à bord du navire attaqué dans le détroit d’Ormuz, a indiqué dimanche New Delhi.