Guerre en Ukraine : Donald Trump pourrait confier un rôle clé au patron de la CIA dans les négociations avec Vladimir Poutine
Une nouvelle étape dans les négociations entre les Etats-Unis et la Russie pourrait-elle s'ouvrir au sujet de la guerre en Ukraine ? Selon le Financial Times, Washington s'apprêterait à confier un rôle plus important à John Ratcliffe, le directeur de la CIA, dans les pourparlers avec Moscou.
Jusqu'ici, la tâche de négocier une issue au conflit auprès de Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky incombait à Steve Witkoff, l'envoyé spécial américain, et à Jared Kushner, le gendre du président Donald Trump. Mais "des responsables proches de Ratcliffe ont indiqué à leurs homologues européens qu'il jouerait un rôle plus important dans la diplomatie de navette entre la Russie et l'Ukraine", a indiqué le quotidien cette semaine.
L'administration américaine aurait envisagé ce remaniement après l'échec des négociations, fin février, avec Vladimir Poutine et alors que les efforts diplomatiques ont été interrompus par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
Fin août, John Ratcliffe s'est ainsi rendu à Moscou "pour s'entretenir avec des hauts responsables du renseignement au sujet des guerres en Ukraine et en Iran, ainsi que sur les menaces 'hybrides' que la Russie fait peser sur l'Europe". Les services de renseignement ukrainiens ont également informé que cette visite indiquait que le patron de l'agence s'apprêtait à jouer un rôle plus important dans les efforts américains pour mettre fin à l'invasion russe.
Un style plus "traditionnel"
Ce mercato est vu d'un bon oeil par les capitales européennes, lassées de voir les négociations à l'arrêt, après un an et demi de discussions avec Vladimir Poutine, et quatre ans et demi de guerre sur leur continent. Steve Witkoff se serait vu reprocher son style peu adapté à la "diplomatie traditionnelle", au profit d'une démarche "transactionnelle", issue du milieu des affaires.
Kiev, quand à elle, estimait que l'envoyé spécial américain n'avait pas suffisamment fait pression sur Vladimir Poutine pour qu'il revoie à la baisse ses exigences. La Russie, de son côté, "considérait que Witkoff portait une part de responsabilité dans l'échec du sommet avec Trump en Alaska", selon des responsables ukrainiens et des sources proches du Kremlin.
"Non officiel"
L'information n'a cependant pas été confirmée publiquement, l'une des porte-paroles de la CIA, Liz Lyons, ayant au contraire démentie ces informations, ainsi que le service de communication de la Maison Blanche. Peut-être pour ne pas exposer Steve Witkoff, un proche de Donald Trump, qui devrait d'ailleurs conserver son poste d'envoyé spécial américain au Moyen-Orient.
Pas sûr en revanche que changer d'interlocuteurs n'amenera de changement radical dans le dossier ukrainien. "Des personnes au fait des négociations à Moscou et à Kiev ont indiqué au Financial Times que les Américains n'avaient apporté que peu d'idées nouvelles et que Poutine n'avait guère montré de signes de vouloir renoncer à ses exigences initiales".
Au contraire, dans une déclaration à la télévision russe, en début de semaine, Yuri Ushakov, un haut responsable de la politique étrangère du Kremlin s'est montré intransigeant. Il a ainsi déclaré que le moyen pour les États-Unis d'obtenir un cessez-le-feu immédiat serait de mettre fin à tout soutien à l'Ukraine, laissant ainsi la Russie gagner.