La compagnie ferroviaire ukrainienne a affirmé dimanche qu'une « attaque systémique » visant des rails était en cours dans le pays, après notamment une frappe de drone russe sur un train à destination de Varsovie, qualifiée de « délibérée » par le président Zelensky.

Une attaque systémique sur le rail est en cours à travers le pays. Notre centre de surveillance et nos employés sont en alerte de haut niveau.

Elle a indiqué des retards importants et demandé aux usagers de se préparer à de possibles évacuations, procédure déjà courante alors que Moscou vise régulièrement des infrastructures et des transports ferroviaires dans ses frappes de drones et de missiles.

Volodymyr Zelensky a déclaré que Moscou avait visé les infrastructures ferroviaires et énergétiques ukrainiennes ainsi que des bâtiments civils, notamment dans l'ouest du pays, moins souvent visé que les régions proches du front ou la capitale.

Un drone russe a notamment frappé dimanche la locomotive d'un train de voyageurs reliant Kiev à Varsovie, à deux kilomètres de la frontière avec la Pologne, membre de l'OTAN.

Varsovie a indiqué qu'un autre drone avait frappé à proximité d'un poste-frontière, toujours côté ukrainien.

La terreur de Poutine frappe littéralement à la porte de l'Union européenne et de l'OTAN, a affirmé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, demandant des sanctions sévères, un soutien militaire accru à l'Ukraine et une pression maximale sur la Russie.

Son homologue polonais, en visite à Kiev, a également réagi.

La terreur russe ne fait pas que frapper à la porte, elle est à l'intérieur de la maison.

Ces frappes à proximité de la frontière polonaise ne sont qu'une nouvelle escalade dans l'éventail des activités russes, a-t-il estimé, citant entre autres la découverte d'un drone explosif à l'aéroport de Leipzig, incident que Berlin a imputé à la Russie début septembre.

Deux personnes, éclairées par un homme qui tient une lampe de poche quelques mètres derrière, viennent en aide à un habitant coincé dans un immeuble endommagé.

Des secouristes et un bénévole viennent en aide à un habitant coincé dans un immeuble endommagé lors d'une frappe aérienne russe dans la ville de Kramatorsk, le 13 septembre 2026.

Photo : Reuters / Anatolii Stepanov

Plus de quatre ans et demi après le déclenchement de son invasion à pleine échelle de l'Ukraine, Moscou continue d'intensifier ses frappes sur les infrastructures ukrainiennes au prix d'un nombre croissant de morts civiles.

Locomotive et station-service touchées

Tous les services nécessaires sont à pied d'œuvre près de la frontière polono-ukrainienne, dans la région de Volhynie, où les Russes ont délibérément incendié une locomotive et endommagé une station-service lors d'une frappe de drone, a dit M. Zelensky.

La compagnie ferroviaire polonaise PKP Intercity a indiqué que le train reliait Kiev à Varsovie avec 206 passagers à son bord. Il devait poursuivre son trajet avec plus de six heures de retard.

L'un des drones lancés par Moscou est tombé près du poste-frontière de Dorohusk-Yagodyn, tandis que l'autre a touché le train de voyageurs, selon le ministre polonais de l'Intérieur, Marcin Kierwinski

Nous traitons ces événements avec le plus grand sérieux. La situation fait l'objet d'une surveillance constante, a-t-il déclaré.

Des frappes russes ont également endommagé des infrastructures ferroviaires dans la région de Vinnytsia (centre ouest) et fait au moins deux morts à Kramatorsk (est), selon les autorités ukrainiennes.

Ces nouvelles attaques surviennent une semaine seulement après la visite d'émissaires américains à Moscou et à Kiev visant à relancer les négociations menées sous l'égide de Washington pour mettre fin au conflit.

Le président ukrainien a dit tabler sur une reprise de pourparlers tripartites dès le mois de septembre, après les élections parlementaires en Russie, le Kremlin n'excluant pas de son côté le mois d'octobre.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes de longue portée sur le territoire russe, qu'elle qualifie de réponse aux bombardements de Moscou, visant notamment des raffineries.

Le président américain, Donald Trump, a estimé dimanche que son homologue ukrainien devrait cesser ces frappes. Qu'il s'en prenne à des cibles, mais pas au diesel, parce qu'il provoque une pénurie de diesel, a-t-il déclaré.

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