Le Canada viserait un statut de membre associé auprès de l'UE sur fond de tensions avec Washington
Par Lucy Davalou & Jean-Philippe LIABOT
Publié le 13/09/2026 - 18:06 UTC+2•Mis à jour 18:46
Le Premier ministre canadien Mark Carney explore un rapprochement avec l'Union européenne, y compris la possibilité de devenir un "membre associé" du bloc, rapporte le Wall Street Journal dimanche.
Ce statut n'existe pas à ce jour, mais l'UE pourrait être disposée à créer des formes d'adhésion particulières, indique le journal, citant des responsables européens et canadiens anonymes. La Commission européenne n'a pas répondu à une demande de commentaire.
Cet article paraît à la veille d'un discours de Carney devant le Parlement européen à Strasbourg jeudi, où il devrait exposer sa vision des relations entre le Canada et l'UE dans un contexte géopolitique tendu.
Ottawa est engagé dans une guerre commerciale historique avec les États-Unis, avec des droits de douane élevés et aucun signe de désescalade.
L'UE et le Canada veulent renforcer leurs échanges de biens, de services et de main-d'œuvre, en particulier dans des domaines comme l'énergie, l'intelligence artificielle, la défense et les minerais critiques, selon l'article.
Les deux parties discuteraient aussi de grands projets communs, notamment des câbles sous-marins, des centres de données, des infrastructures de cloud et des réseaux satellitaires. Le Canada veut également augmenter ses exportations d'énergie vers l'Europe, ajoute le WSJ.
Obtenir un quelconque statut de "membre associé" pourrait toutefois s'avérer difficile. L'UE applique des règles strictes en matière d'adhésion et suit une procédure longue pour modifier ses dispositifs existants.
Mais l'impact de la présidence Trump, marquée par des tarifs douaniers et des menaces de part et d'autre de l'Atlantique, pourrait inciter à une approche plus flexible.
Au début de l'année, le chancelier allemand Friedrich Merz a présenté sa propre vision d'un statut de "membre associé", conçu à l'origine pour l'Ukraine mais potentiellement applicable au Canada. Ce modèle permettrait de renforcer les liens avec l'UE sans exiger une adhésion pleine et entière.
Macron et Carney en visite conjointe
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Mark Carney se rendront la semaine prochaine à Saint-Pierre-et-Miquelon, territoire français situé à environ 20 km au large des côtes atlantiques du Canada, pour afficher la solidité de leurs liens dans un contexte de tensions avec le président américain Donald Trump, a indiqué Paris dimanche.
Donald Trump a publié lundi sur son compte Truth Social une image montrant une carte de l'Amérique du Nord avec le drapeau américain sur plusieurs territoires français d'outre-mer, dont Saint-Pierre-et-Miquelon, ainsi que la Guadeloupe et la Martinique. La carte incluait aussi l'Islande, le Groenland, le Mexique, le Canada, une grande partie de l'Amérique centrale et des Caraïbes.
Cette visite mettra en avant les valeurs communes de la France et du Canada, notamment "liberté, démocratie, primauté du droit et respect de la souveraineté des États", a indiqué le palais de l'Élysée.
"Dans un monde marqué par le retour des rapports de force, les tensions géopolitiques et de nouvelles formes de dépendance, la France et le Canada partagent une ambition commune" de renforcer leur capacité à agir de manière autonome, a ajouté la présidence.
Il s'agira de la première visite d'un Premier ministre canadien dans l'archipel, a précisé la présidence française. Le dernier président français à s'y être rendu était François Hollande en 2014.