Guillaume Hoarau dévoile ses habitudes de consultant : « Je lis Victor Hugo pour travailler la diction »
« Comment êtes-vous devenu consultant en France, d'abord pour Canal+ avant de rejoindre Ligue 1+ ?
Grégory Nowak (directeur adjoint des rédactions sport en charge du foot chez Canal+) m'avait dit : "Quand tu arrêtes, on te récupère." Je faisais déjà des interventions à la télévision suisse, où je sais que mon côté atypique détonne et où j'étais plus à l'aise. Là-bas, les gens ne critiquent pas. Mais en France, c'est différent. Et j'ai vu des mecs comme Habib Beye, Samir Nasri, Christophe Jallet. Ils étaient vraiment bons, je me suis mis la pression. C'est à toi de te donner les moyens pour conforter ta crédibilité.
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Et qu'avez-vous fait ?
J'ai acheté des livres de Platon, Socrate, Aristote, Montaigne, Spinoza, Balzac, Rousseau. Je me suis fait mes lectures à voix haute le matin. Par exemple je lis Victor Hugo pour travailler la diction, l'éloquence. Je lis aussi L'Équipe. J'aime chanter, j'adore Francis Cabrel ou Georges Brassens, alors j'ai essayé d'interpréter en chantant. Mais j'ai aussi essayé de vivre les paroles, de comprendre.
« Dès qu'il y a une phrase qui m'inspire, je copie, colle, et la répète dans la journée »
Que faites-vous concrètement ?
Je vais lire cinq-dix minutes à voix haute, ça me suffit. Mais quand je suis beaucoup dans le train, je ne peux pas lire à haute voix, donc je passe en lecture audio. Il faut aussi tomber sur la voix qui va te toucher. J'aurais adoré avoir des lectures audios de Fabrice Luchini. Je lance la lecture, je ferme les yeux, et dès qu'il y a une phrase qui m'inspire, je copie, colle, et la répète dans la journée.
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Quelle est l'étape suivante ?
Mon objectif est de la placer dans une phrase, une discussion. Je fais pareil avec les citations philosophiques. Je me lave les dents, prends mon café et vais lire ma citation. Aujourd'hui, c'est une deuxième nature. Si je vous montre mes notes de mon iPhone, vous allez péter un câble. Sur les plateaux, j'utilise ça. Au départ, c'était de l'autodérision, puis c'est devenu un rituel. À chaque fin de match du dimanche soir, Thibault Le Rol en veut une (rires). J'ai tellement répété ça que je l'ai intégré.
C'est-à-dire ?
Dans un débrief, on parlait de Marseille, du PSG, et je balance : "Oui mais pour connaître les hommes, il faut les voir agir." (Jean-Jacques Rousseau, Emile) J'étais fier. Je me suis dit : "ça y est, ça me vient naturellement !" Certains ont pu se dire : "Il se prend pour un philosophe, il se la raconte." Je m'en fous. Ce n'est pas la passer pour la passer. Ce bagage m'a donné la confiance de me dire que je sais ce que je fais. Je suis plus détaché. Je ne me dis plus : "Il faut que je sois bon." Je ne fais plus attention à chaque truc que je dis... Et je commence à trouver ma place. »