« Pour une initiative urgente en faveur du rétablissement de l'ordre constitutionnel en Guinée-Bissau ». C’est l’appel lancé samedi 3 octobre 2026 par 24 personnalités politiques et militantes du Sénégal, du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau. Dans une lettre ouverte adressée aux instances dirigeantes de la Cédéao, elles demandent une implication plus poussée de l’institution régionale dans le règlement de la crise politique en Guinée-Bissau. Le pays vit une transition menée par des militaires qui ont pris le pouvoir à la suite du coup d’État ayant renversé le président Umaro Sissoco Embalo. 

Publié le : 04/10/2026 - 23:39

3 min Temps de lecture

Dès les premières lignes de leur texte, les signataires rappellent avoir déjà interpellé la Cédéao sur la situation préoccupante à Bissau. Cette première alerte avait été lancée avant le dernier sommet de l’organisation régionale, qui s’est tenu il y a un mois et demi à Freetown.

Parmi les auteurs de la lettre figurent les anciens Premiers ministres bissau-guinéen et cap-verdien, Aristides Gomes et António Gualberto, ainsi que les anciens ministres sénégalais Cheikh Tidiane Gadio et Abdoulaye Bathily. S’y ajoute également la fille d’Amílcar Cabral, l’historienne Iva Cabral.

Tous alertaient déjà sur la crise politique en Guinée-Bissau, en demandant notamment la libération des prisonniers politiques, dont l’opposant Domingo Simões Pereira, président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Depuis, ce dernier a été transféré au Portugal pour raison de santé, une évolution que saluent les signataires, tout en jugeant qu’elle reste insuffisante face à l’ampleur de la crise institutionnelle.

À lire aussiGuinée-Bissau: les «conditions de sécurité nécessaires» à un retour d'Embalo ne sont pas réunies, affirme la junte

Exiger l’application des décisions de la Cédéao

Dans leur nouvelle lettre, les mêmes signataires appellent désormais à donner pleinement suite aux décisions prises par la Cédéao lors du sommet de Freetown, en particulier celles qui portent sur un retour rapide à l’ordre constitutionnel à Bissau.

Ils demandent également la libération définitive de tous les prisonniers politiques, ainsi que la mise en place d’un calendrier crédible pour la fin de la transition militaire. Pour eux, la crédibilité de l’organisation régionale est directement en jeu dans la façon dont ce dossier sera géré.

À lire aussiGuinée-Bissau: polémique après l'annonce par la Cédéao d'une révision constitutionnelle

Le Sénégal et la Cédéao directement interpellés

La lettre insiste aussi sur le rôle de médiation confiée au Sénégal dans la crise bissau-guinéenne, et sur la responsabilité des dirigeants régionaux d'accompagner une sortie de crise durable. Les signataires interpellent explicitement le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui assure actuellement la présidence tournante de la Cédéao. Ils l’invitent à user de son influence pour que les décisions arrêtées à Freetown ne restent pas lettre morte.

Mais c’est surtout au président de la Commission de la Cédéao, le général Birame Diop, qu’ils adressent un message particulier. Ils l’encouragent à travailler à une solution durable à Bissau, considérant que c’est le seul moyen de démontrer aux citoyens ouest-africains que la Cédéao est désormais déterminée à faire respecter ses principes.

À lire aussiGuinée-Bissau: l'opposition accuse la Cédéao de légitimer les putschistes