C'est un fait : les aînés occupent une place de plus en plus importante au sein de la société. À Huy, les plus de 55 ans représentent 35 % de la population. Un chiffre continuellement en augmentation. Et l'âge moyen à Huy ? Il est de 43,6 ans. Les aînés ont une place à avoir et un rôle à jouer. Clairement.

Conscients de l'importance de permettre aux aînés d'être toujours actifs, le Hutois Philippe Draize lançait il y a 30 ans, avec Renée Dautrebande, l'Université du temps disponible. Et depuis, avec son équipe, il y développe des activités, des événements pour les seniors mais pas que. En fait, pour tous ceux qui ont du temps libre.

Depuis le début de cette année, Philippe Draize préside aussi le Conseil communal des aînés et des personnes en situation de handicap. Vingt-sept Hutois y représentent les quartiers et leur diversité. Ils se réunissent une fois par mois et suggèrent au bourgmestre et à ses échevins des initiatives concrètes. Le conseil consultatif est un espace d'écoute, de dialogue, de réflexion mais aussi de proposition. Il travaille au sein de trois groupes. Le premier sur la mobilité, l'accessibilité et le cadre de vie ; le deuxième sur la santé, le bien-être et la prévention ; le troisième sur la participation citoyenne, la communication et l'inclusion.

La maltraitance sous toutes ses formes

Ce jeudi 1er octobre, c'est la Journée internationale des aînés. L'occasion pour ces Hutois de lancer une enquête consacrée au ressenti de la maltraitance des aînés sur le territoire. La maltraitance des personnes âgées peut prendre des formes multiples : le manque de respect, l'infantilisation, l'isolement, la pression psychologique, la négligence, l'abus financier, la privation de liberté, l'atteinte à la dignité… Certaines situations peuvent être vécues sans être identifiées comme étant de la maltraitance. D'autres peuvent rester silencieuses. Et le conseil consultatif hutois veut justement comprendre cette réalité.

L'enquête est disponible dès ce jeudi sur le site internet communal, aussi dans le prochain bulletin "HuyMag" ainsi que sur papier à l'hôtel de ville. Comme l'explique le conseil consultatif, l'enquête ne vise pas à établir un recensement des cas de maltraitance ou encore à trouver les responsables. Mais bien à connaître le ressenti des aînés hutois. Leurs expériences, leurs inquiétudes, leurs perceptions de situations qui peuvent porter atteinte à leur autonomie, à leur sécurité, à leur dignité.

Le questionnaire est anonyme. Les informations concernant l'âge, le genre, la situation sociale, l'environnement culturel sont recueillies "afin de permettre une analyse statistique des différences éventuelles de perception et d'expérience". L'enquête "ne part d'aucun a priori", elle ne veut ni minimiser ni exagérer le phénomène mais bien déterminer ce que les Hutois ressentent, vivent, constatent, entendent parler.

Pourquoi une telle enquête ? Pour avoir une vision la plus précise possible de la réalité sur Huy. Ainsi, les autorités communales mais aussi tous les acteurs en lien avec les aînés pourront mieux comprendre ce qu'ils vivent et ressentent et pourront réfléchir aux réponses les plus utiles à leur apporter. Avoir un état des lieux aussi fidèle que possible permettra d'identifier les besoins. "Cette démarche a également vocation à nourrir les réflexions futures de la Ville de Huy et de ces partenaires : services sociaux et de santé, associations, professionnels intervenant auprès des aînés, structures d'accueil et d'hébergement, aidants proches et acteurs de terrain."

Que chacun puisse parler

L'enquête restera disponible pendant plusieurs mois afin de permettre au plus grand nombre de participer. Les résultats seront naturellement analysés et seront présentés publiquement le 15 juin de l'année prochaine. Prévenir la maltraitance, ce n'est pas seulement intervenir lorsque le problème est devenu visible. "C'est aussi créer les conditions pour que chacun puisse parler, être entendu et rester acteur de sa propre vie. Vieillir ne signifie pas sortir de la société", notent les membres du conseil consultatif.


Le CPAS et son service aux aînés

Le CPAS de Huy a développé un service aux aînés, qui soutient les personnes âgées isolées et en perte d'autonomie. Que celle-ci soit temporaire ou définitive. Ce service propose plusieurs aides : aide familiale, aide-ménagère, livraison de repas à domicile, affiliation à un service de télévigilance. "En 2025, plus de 130 personnes ont bénéficié de ce type de suivi", explique la présidente du CPAS de Huy, Jonida Shaljani. Ce service est joignable au 085/41 02 30. À noter que depuis 2014, le CPAS propose aussi le chèque-taxi. Une somme de 30 000 € était ainsi prévue au budget 2025 car "il y a une réelle demande".

Deux guides en passe d'être publiés

Deux guides sociaux vont sortir et mettront en évidence tous les services mis à la disposition des personnes concernées. Le tome 1 sera sur les personnes handicapées et le tome 2 sur les aînés. Le premier est prêt à être publié, le deuxième le sera l'an prochain.

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