C’est un homme qui interrompt sans cesse le tribunal, s’agite dans tous les sens. Au point que la présidente du tribunal, Pascale Cina, s’exclame : « Arrêtez un peu, ça donne l’impression que vous ne vous maîtrisez pas. »

Le prévenu dans le box fait preuve d’une rare nervosité, interrompant le tribunal pour donner son avis.

L’homme âgé de 25 ans comparaît pour avoir frappé un individu, un soir à la Cité des Fleurs, à Grasse.

Ce sont les caméras de surveillance qui le montre porter des coups de crosse sur un homme à terre.

La police, elle, a été alertée par un appel anonyme qui dénonce des violences en réunion. Un coup de feu a aussi été entendu, dans ce quartier sensible de Grasse.

Le Tribunal correctionnel de Nice a jugé sept hommes mardi pour une reprise de point de deal aux Moulins.

Agressivité

« Lors de la garde à vue, vous refusez de donner votre téléphone », constate la présidente du tribunal.

« J’étais en colère », rétorque le prévenu qui explique s’en être pris à la victime parce que celle-ci lui refusait l’accès au logement où il devait dormir. « Il voulait me virer de là où je dors, je fais quoi moi ? », demande agressivement le prévenu.

La juge évoque l’audition de garde à vue : le prévenu y évoque la présence des « Parisiens », comme on nomme ces groupes venus de la capitale et ses alentours pour reprendre des points de deal sur le territoire. « Ils faisaient les malins, alors je suis allé chercher une arme à blanc », retranscrit Pascale Cina.

« Madame vous m’écoutez ? J’étais pas là pour blesser quelqu’un » plaide encore le prévenu qui se voit rétorquer par le tribunal : « Il avait pourtant le visage en sang ».

Guerre de territoires

« Il y a une guerre de territoires qui se joue », constate la procureure lors de ses réquisitions, revenant sur le casier judiciaire du détenu, portant 13 mentions dont une pour évasion sous bracelet électronique. Et de requérir deux ans d’emprisonnement avec un maintien en détention.

« Je ne nie pas le qu’il y ait des difficultés », ajoute-t-elle face au parcours cabossé du prévenu. Maître Antoine Prot, lui, insiste sur l’emploi et la formation suivie par son client, preuve, explique-t-il, de sa volonté de se réinsérer.

Des arguments qui n’ont pas suffi à convaincre le tribunal qui a condamné le prévenu à 15 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt et une interdiction de séjour aux Fleurs de Grasse.