"Il n'y a aucune preuve, ce ne sont que des paroles. C'est pas moi, j'étais pas là" : un homme et ses deux complices retrouvés et condamnés pour 28 cambriolages chez des dizaines de victimes dans le Lot
l'essentiel Trois personnes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Cahors, vendredi 17 juillet, pour une série de 28 cambriolages et tentatives commis entre mai 2024 et avril 2026 dans le nord-est du Lot. Au terme d'une audience de quatre heures et d'un délibéré rendu au début de la nuit, le trio a été condamné.
Trois personnes ont été jugées vendredi 17 juillet devant le tribunal correctionnel de Cahors pour une série de 28 vols et tentatives de vol commis entre mai 2024 et avril 2026 à Biars-sur-Cère, Saint-Céré et une demi-douzaine d'autres communes du Lot.
Un inventaire loufoque d'objets volés
L'audience aura duré pas moins de quatre heures. Argent liquide, ustensiles de cuisine, bijoux, vin grand cru, plaid pour chien, parfum, poêle à pétrole, outils, vêtements, denrées alimentaires, véhicules, tabac... et même un alambic : la présidente du tribunal égrène un butin, dérobé chez des particuliers, dans une mairie, dans des magasins ou encore dans des locaux professionnels. Une vingtaine de victimes figurent au dossier. Le mode opératoire, lui, ne varie guère : les cambrioleurs pénètrent par les toits, en retirant les tuiles, ou alors par les fenêtres, avant d'entreposer leur butin dans l'appartement du couple de voleurs.
Elle avoue, il nie tout en bloc
À la barre, Corinne*, la compagne du principal prévenu ne se dérobe pas. "J'ai peu de revenus, je vais au Resto du Cœur, j'avoue avoir profité des vols de nourriture et d'ustensiles de cuisine", reconnaît-elle, avant de détailler son rôle de guetteuse pendant que son compagnon, Jorge*, s'introduisait par les toits. Elle évoque une emprise amoureuse : "J'étais amoureuse de lui, j'avais arrêté, mais dès qu'il est revenu dans ma vie, il m'a recontactée, c'est reparti dans les bêtises." Son cousin, Tiago*, lui aussi poursuivi pour vols et recel, reconnaît également les faits qui lui sont reprochés.
Face à eux, le principal accusé campe sur une ligne de défense frontale : il ne reconnaît qu'un seul délit, celui de bouteilles "trouvées au bord d'un ruisseau" par hasard. Pour le reste, il balaie les témoignages qui décrivent sa voiture, sa silhouette et un mode opératoire répété, ainsi que les objets volés retrouvés à son domicile ou portés sur lui. "Il n'y a aucune preuve, ce ne sont que des paroles. C'est pas moi, j'étais pas là", martèle-t-il, quitte à rire dans le box et à accuser ses complices. Une attitude qui n'échappe pas à la présidente, visiblement surprise par des dénégations en bloc face à des éléments qu'elle cite pourtant un à un.
"Un cas social" selon la défense
Pour le parquet, aucun doute. Les investigations mettent au jour une équipe familiale organisée, unie par des liens de parenté et un mode opératoire répété jusqu'à la revente par lots. Trente-trois faits sont retenus au total. Du côté de la défense, les avocats plaident des trajectoires différentes. Pour le cousin, la défense, Maître Thierry Chevalier, évoque "un cas social", pris dans une déconstruction sociétale, appelant à un cadre ferme conjugué à des soins et une insertion professionnelle, sans contester les réquisitions du parquet. Pour la compagne, son avocat, Maître Vincent Carpenet, décrit une femme fragile, utilisée pour revendre le butin et se procurer de la drogue. Le conseil du principal prévenu, Maître Christophe Barnabeau enfin, dénonce un dossier "dans l'approximation et le soupçon", réfutant tout mode opératoire identifiable chez son client.
Au terme du délibéré, le tribunal a suivi la logique de gravité croissante dessinée par l'accusation, réservant la peine la plus lourde et le maintien en détention au prévenu, qui a nié l'intégralité des faits jusqu'au bout. Jorge, le principal prévenu écope de 3 ans de prison, dont 6 mois avec sursis probatoire pendant deux ans, et reste maintenu en détention. Sa compagne et son cousin ont respectivement été condamnés à 12 et 10 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans.