Antoine Donneaux, vous clôturez une tournée de deux ans en Belgique, en France, en Suisse… Comment vous sentez-vous ?

Léger. Je suis un peu plus posé en étant chez moi et plus tout le temps dans les avions ou les trains… enfin, surtout les trains. J'ai fait le tour de la Wallonie, deux ou trois dates en Suisse… et tout le tour de la France. J'ai joué plus d'une centaine de fois le spectacle (que j'avais déjà avant Incroyable Talent), alors que je n'aime pas la routine. Cela ne me nourrit pas. J'aime créer les choses et les laisser partir… Je l'ai expérimenté, mais il était temps d'arrêter (je suis content). J'ai encore huit dates en France, entre octobre et février 2027. Mais il est temps de passer à autre chose…

Chez nous, vous avez explosé avec "Jason au Quick" de Malmedy. D'où est parti ce délire né pendant le Covid ?

C'est né avec les informations qu'on voyait : les gens qui attendaient la réouverture de certains magasins en allant devant. J'ai amplifié cela, j'ai créé un personnage un peu "baraki", un simplet, en partant d'un délire. J'ai remonté une manche et ma compagne a filmé le tout en trente minutes. En montant le soir même, et je rigolais déjà de mes conneries. Je pleurais en me voyant, et c'est quelque chose que je n'ai plus eu. C'est cela qui me manque un peu avec la tournée, car cela n'arrivait plus sur la fin. Mais, Jason, je ne savais pas que cela allait faire un million de vues !

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En 2023, c'est la consécration à l'échelon national et en France avec "La France a un incroyable talent". Pouvez-vous revenir sur cette période et ce que cela a changé pour vous ?

Ils sont venus me chercher une première fois en voyant des vidéos réalisées pendant le Covid. Je n'étais pas prêt et j'ai refusé. L'année suivante, en 2022, j'ai accepté. J'ai envoyé une vidéo de 2'30 pour la soumettre à M6 et à la prod. Une fois qu'il y a eu ces deux validations, j'ai passé les auditions devant le jury. Puis tout cela s'est enchaîné, jusqu'à la finale où j'avais une semaine pour écrire. C'était cela le plus difficile, car il faut trouver une idée meilleure à chaque passage alors qu'on met tout pour le premier jury. C'est beaucoup de travail sur un laps de temps très court. Mais je ne m'attendais pas à aller si loin. Quand tu arrives là, tu as des groupes, des gens costumés, un cracheur de feu, un type qui mange une épée… Qu'est-ce que je faisais là ? D'ailleurs, on m'a pris pour un technicien, un gars de la régie. C'était rigolo. Je suis arrivé en finale, alors qu'il y a plein d'autres personnes qui méritaient d'y aller.

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Ce fut un gros coup de boost…

Clairement. Dès les auditions, on a eu des demandes pour le spectacle en France et en Belgique. Tout s'est enchaîné et c'est ainsi qu'on a monté une tournée. Sans Incroyable Talent, cela n'aurait pas été possible.

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L'effet s'estompe vite ?

Oui, en un an. Il faut rester visible : en télé, en radio, sur les réseaux… Les salles, en France, se remplissent de moins en moins. On m'oublie, et en France on se demande qui est Antoine Donneaux. C'est aussi cela qui est fatigant dans le métier : tu ne peux plus être juste sur scène. Il faut sortir des vidéos qui marchent, peut-être avec une production derrière pour un truc qualitatif. Et cela avec ma société et la vie de famille…

Parmi les voix que vous tenez, lesquelles sont plébiscitées ?

On me demande tout le temps les mêmes : Macron, Paul Mirabel et François Damiens. Ce sont les trois que je fais le mieux. Si cela m'ennuie ? Je le fais plus facilement pour la télévision… Avant, on me les demandait même quand je n'étais pas sur scène.

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J'ai encore des voix en stock, mais, avec la tournée, c'est compliqué de continuer à m'exercer. Un spectacle d'imitations, c'est 1 h 30… C'est éprouvant car je dois forcer sur ma voix. Et quand on a deux ou trois spectacles d'affilée, il faut faire gaffe, gérer entre les spectacles avec du repos vocal. Donc pas question de crier ou de faire d'autres voix. C'est toujours de la gestion, c'est un peu le stress pour la voix… et le stress impacte la voix (sourire). C'est un instrument, donc il faut le gérer. Et, du coup, cela fait aussi du bien de ne pas jouer, car je me relâche, je parle normalement…

Antoine Donneaux Stavelot 2026 locvv
"Là, je fais une pause. Je ne sais pas quand je reprendrai…" ©EDA

Quelles voix souhaiteriez-vous ajouter à votre panel ?

Des voix modernes comme celles de certains YouTubers (Mister V, Squeezie…) ou des gens comme Camille Combal. Des gens connus des plus jeunes, pour les réseaux. Mais là, je fais une pause. Je ne sais pas quand je reprendrai… Après j'essaie parfois dans ma voiture, c'est un travail inconscient les voix.

Comment fait-on face à la médiatisation ?

Franchement, ça va. Je ne suis pas Helena ou Pierre Garnier qui ont connu l'explosion d'un coup. Ce qui est le plus fatigant, c'est le rythme : jouer le soir, se lever à 6 heures pour prendre le train, 7 heures de trajet, le check son, le spectacle… et recommencer le lendemain. Parfois rentrer chez soi, gérer la boîte A-Impression, voir la famille, et repartir. C'est surtout cela, la médiatisation n'est pas hypercontraignante à mon niveau.

L'humoriste belge Antoine Donneaux s'est hissé à la 5e place en final du télécrochet
"On me demande tout le temps Macron, Mirabel et Damiens." ©Julien Theuil/M6

Vous avez pu participer à des émissions en télévision. Une expérience que vous appréciez ?

J'ai fait La grande semaine sur M6 en tant que chroniqueur, j'avais trois minutes avec Ophélie Meunier où nous échangions alors que j'arrivais avec la voix de Macron. Nous écrivions avec Grégoire D, c'est une formule qui fonctionnait très bien. L'émission s'est arrêtée, mais c'est quelque chose que j'ai vraiment aimé, entre la chronique et l'impro. C'était quand même du temps, mais si j'ai une possibilité d'être à nouveau chroniqueur, je dis oui.

Quels autres projets souhaiteriez-vous développer ?

Ce serait sur internet, avec des vidéos. L'idée, c'est de relancer un peu les réseaux que j'ai mis de côté pendant la tournée. Donc recréer plus de contenus humoristiques sur les réseaux : imitations, sketch… Revenir à ce qui m'amusait avant, retrouver du plaisir. Et penser à réécrire un spectacle, avec une tournée en Belgique et voir s'il y a de la demande en France.


Sa biographie express

Enfance

Antoine Donneaux a grandi à Izier (Durbuy). Il a fréquenté l'école du village, avant d'aller à Saint-Roch Ferrières pour trois années en option athlétisme et néerlandais. Après une nouvelle 3e secondaire au Sacré-Cœur de Barvaux, en comptabilité, il suit sa 4e en option sport à l'athénée de Bomal avant deux ans à Saint-Raphaël, sur Remouchamps, en programmation informatique. "C'est diversifié, sourit-il. J'étais attiré par plein de choses différentes à l'école."

Ainé de la famille, il a un frère. "J'ai 38 ans, il en a 36. Il est policier, donc pas du tout dans le milieu artistique. Moi, j'ai testé plein de trucs, et en fait cela me sert aujourd'hui. Je suis multitâche." Antoine est également un grand sportif. S'il s'adonne à la boxe anglaise désormais, c'est sur les terrains de football qu'il a passé plus de trois décennies. "À Izier, à Amonines (Érezée) de la P3 à la P2, à Bande (Nassogne) près de Marche-en-Famenne, puis de nouveau à Amonines. Mais, blessé, j'ai dû annuler une date. Donc je me suis dit que le boulot était plus important. Je joue encore au minifoot avec des potes comme Mathieu Debaty et Samuel Tits."

Antoine Donneaux Stavelot 2026 locvv
Antoine Donneaux Stavelot 2026 locvv ©EDA

Formation et métier

Après une année à Saint-Luc, en publicité, il a œuvré dans le secteur de la téléphonie, notamment chez PhoneHouse à Marche-en-Famenne. Il a lancé sa boîte A-Impression, à Stavelot (où il réside depuis 7 ans) en 2016. "C'est tout ce qui est impression (t-shirt, bâche, véhicule, panneau…). On est sur Izier et sur Stavelot." Et son plus beau métier ? Antoine Donneaux est papa d'un petit garçon de 2 ans.

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