Genève: travaux nocturnes à l'hôtel Richemond perturbent les riverains
Publié13. juillet 2026, 17:33
Genève«Inadmissible!»: des travaux nocturnes réveillent le quartier
Une entreprise a bruyamment cloué et scié, en pleine nuit, pour habiller les palissades du chantier de rénovation de l'hôtel Richemond. Des riverains se sont plaints.

«Faire des travaux de nuit pour placer des décorations sur des palissades…!» Barbara n'en revient pas. Toute la semaine passée, cette habitante de la place des Alpes a subi un vacarme pas possible entre 23h et 2h du matin. Coups de marteau sur une surface métallique, bruits de scie… bref: un enfer auditif! «Je dois me lever à 6h du matin pour travailler, c'est inadmissible!» Quant à fermer les fenêtres, en pleine canicule, «c'est impossible» sauf à suffoquer.
«À Genève, tout est permis», peste cette riveraine qui ne saisit pas comment une telle chose a pu être autorisée. Le chantier en question est lié à la rénovation de l'hôtel Richemond, palace genevois bien connu pour avoir, notamment, accueilli Michael Jackson. Son nouveau propriétaire, le groupe émirati Jumeirah, expliquait vendredi que les travaux de la discorde n'ont pas de lien direct avec la réfection des lieux.
Les explications du propriétaire émirati
Il s'agissait seulement d'habiller les palissades, ouvrage nécessitant d'interrompre la circulation sur la rue Adhémar-Fabri, raison pour laquelle un horaire nocturne avait été choisi. «La mairie et la police avaient dit OK, affirme un représentant de Jumeirah. À la suite des plaintes du voisinage, il a finalement été décidé de fermer la rue en journée.»
La société avait promis l'absence de nuisances
Vérification faite, en réalité, les autorisations émanaient de l'Office cantonal des transports (OCT), pour le bouclage du tronçon au trafic, et de l'Office des autorisations de construire, pour les travaux eux-mêmes. Selon le mail de ce dernier à Barbara, une dérogation avait été accordée, exclusivement pour la mise en place de bâches publicitaires, car la société requérante avait assuré que la tâche ne générerait pas de nuisances.
L'État a finalement mis le holà
«Cet engagement n'a pas été tenu», observe Sébastien Deshusses, porte-parole de l'OCT. Les plaintes des riverains ont été remontées à l'inspection cantonale des chantiers, «qui a demandé l'arrêt des travaux de nuit». Il confirme que l'autorisation nocturne avait pour but de «limiter l'impact des travaux sur la mobilité en journée, dans un secteur où plusieurs chantiers hôteliers génèrent déjà une charge importante sur le trafic».
«On a dû faire le travail de l'administration!»
Après quatre nuits sans sommeil et divers contacts avec les autorités, Barbara a donc eu gain de cause. Vendredi, elle a pu dormir. Mais elle regrette d'avoir dû remuer ciel et terre, et s'énerve à l'idée qu'un tel tapage ait été infligé au quartier pour une simple intervention décorative. «Jamais ces travaux n'auraient dû être autorisés. Finalement, c'est nous, les voisins, qui avons dû faire le travail de l'administration!»
L'entreprise générale muette
Quelle entreprise a réalisé les travaux nocturnes controversés? Sur place, les abords du chantier n'en mentionnent aucune. Les palissades ont jadis été posées par Grisoni, qui assure ne pas œuvrer à de tels horaires. Le bureau d'architectes Itten-Brechbuehl indique ne plus être en charge de la direction de l'exécution du chantier. Reste l'entreprise générale, Alpenda, qui aurait donc mandaté une société inconnue pour rhabiller les palissades. Elle n'a pas donné suite.

Jérôme Faas (jef), chef de la rubrique genevoise, est journaliste à 20 minutes depuis 2012. Il navigue entre judiciaire, fait divers, économie et politique.
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