La ministre wallonne de la Nature demande des explications sur l’autorisation de travaux à risque qui ont probablement menés à l’incendie dans les Fagnes, à la mi-août. Les dégâts sont en cours d’évaluation.

En parallèle, le travail sur un diagnostic précis des dégâts se poursuit.
En parallèle, le travail sur un diagnostic précis des dégâts se poursuit. - Belga.
Michel De Muelenaere

Chef adjoint du pôle Planète Par Michel De Muelenaere Publié le 9/09/2026 à 13:30 Temps de lecture: 1 min

Comment l’incendie qui a dévasté plus de 3.300 hectares sur le plateau des Fagnes à partir de la mi-août et qui continue de se consumer a-t-il pu se déclarer, alors que la plupart des signaux étaient au rouge, au début du mois ? Pourquoi a-t-on autorisé des travaux notoirement risqués au beau milieu de la réserve naturelle et ces derniers sont-ils à l’origine des flammes ? Et au final, qui est responsable de cette catastrophe écologique qui a dévasté un des écosystèmes les plus rares de la Wallonie ? Ces questions font actuellement l’objet d’une information judiciaire du chef « d’incendie involontaire » ouverte par le parquet de Liège.

Mais sans attendre le résultat de ces investigations, la ministre wallonne de la Nature, Anne-Catherine Dalcq (MR), a annoncé ce mercredi l’ouverture d’une enquête administrative sur les circonstances qui ont mené au drame. L’idée est de comprendre pourquoi, malgré les avertissements et les recommandations, « un agent » a pu approuver la réalisation de travaux de fauchage extrêmement risqués eu égard à la situation combinant chaleur, vent et sécheresse prolongée.

Outre les avertissements à propos du risque d’incendie lancés par la cellule d’expertise (Celex) convoquée par les autorités wallonnes, des informations et des recommandations avaient été diffusées en interne, révélait récemment Le Soir. Elles déconseillaient explicitement les travaux dans une végétation transformée en étoupe hautement inflammable. Pourquoi quelqu’un a-t-il jugé nécessaire de passer outre ces alertes et sur base de quelle analyse ? « Il faut réévaluer la chaîne qui a conduit à cette décision », analyse Dalcq. « En tout état de cause, cette chaîne est à améliorer fortement. » Il y avait des recommandations, un agent a pris une décision sur base de son interprétation. « D’autres agents disent qu’ils ne l’auraient pas fait », souligne Dalcq. « Comment faire en sorte qu’il n’y ait pas d’interprétation de la norme ? Il y a trop de liberté, pas assez d’indications claires. Je veux plus de cadre, de clarté et de cohérence. Ce serait plus clair pour les agents qui se sentent parfois délaissés. » De quoi entailler l’autonomie – certains parlent de « baronnies » – de certains cantonnements…

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Identifier les besoins

Ce n’est pas le seul devoir demandé au Département nature et forêt (DNF) qui fait par ailleurs l’objet d’un projet de réforme lancé avant les événements des Fagnes. L’administration est sollicitée pour identifier ses besoins en matière de surveillance et de prévention des incendies. On parle de caméras, de drones, de coupe-feu, de prépositionnement de moyens d’extinction des incendies… « Des incendies, il y en aura encore. Il faut détecter plus vite. Etre présent plus rapidement. On mobilisera le budget nécessaire », insiste la ministre. Le travail d’établissement d’une cartographie des zones à risques se poursuit, ajoute-t-elle. La mise au point d’un « indice incendie » sera faite dans la foulée.

En parallèle, le travail sur un diagnostic précis des dégâts se poursuit. Il pourrait être bouclé « au printemps ». « Il apparaît déjà que les tourbières qui avaient fait l’objet de travaux de restauration ont mieux résisté au feu. Il s’agit de plusieurs centaines d’hectares. Certains endroits pourront donc se relever naturellement », indique Anne-Catherine Dalcq qui annonce aussi une réflexion sur la réforme du dispositif du « drapeau rouge » qui interdit l’accès à certaines zones des Fagnes en cas de risque d’incendie.

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Un « comité de restauration » piloté par le secrétaire général de l’administration est chargé de produire un état des lieux avec des premières recommandations d’actions. Premier rapport attendu dans une dizaine de jours. Il travaillera avec les scientifiques et tous les acteurs de terrain, promet la ministre de la Nature. En attendant, le débat rebondira au niveau politique en commission parlementaire, lundi prochain, à Namur.

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