l'essentiel Fragilisées par le changement climatique, les forêts font face à des sécheresses plus intenses et à des maladies qui favorisent les incendies. Pour les experts, l'adaptation des massifs est désormais un enjeu majeur.

Le changement climatique ne se contente plus d'assécher les sols. Il bouscule aussi l'équilibre des forêts. Et dans ce contexte, la sécheresse fragilise certaines essences, déjà mises à rude épreuve par des conditions climatiques de plus en plus extrêmes. À cela viennent s'ajouter des maladies qui achèvent d'affaiblir des arbres devenus plus vulnérables.

Un arbre qui dépérit est aussi un arbre plus sec. Et un arbre plus sec est, par définition, plus exposé aux flammes. Alors, faut-il repenser nos forêts pour éviter qu'elles ne deviennent les victimes idéales des incendies de demain ?

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La "forêt mosaïque" : le modèle de demain ?

À l'ONF, la réponse tient en deux mots : la "forêt mosaïque". Derrière ce concept, l'idée est finalement assez simple. "Le but est de diversifier à la fois les essences et les modes de gestion", explique Marion Toutchkov, experte en défense des forêts contre les incendies.

Autrement dit, il ne s'agit plus de miser sur une forêt uniforme mais de mélanger les espèces d'arbres, à varier leur âge et à adapter les pratiques selon les secteurs. "Une manière de rendre les massifs plus résilients face aux bouleversements climatiques", souligne l'experte.

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Sauf que cette recette ne fonctionne pas partout. Sur certaines "stations forestières", tous les arbres ne peuvent pas être implantés, notamment ceux qui présentent une meilleure résistance face aux flammes, à cause des sols ou de la topographie locale. "Dans les Landes et plus largement dans le sud de la France, il est très difficile de trouver des essences qui soient résistantes à l'incendie", détaille-t-elle.

"Un réseau de pistes"

Dès lors, puisqu'il est compliqué de stopper un incendie en plein cœur d'un massif, tout est pensé pour lui barrer la route avant qu'il ne prenne toute son ampleur.

Concrètement, l'ensemble des forêts de demain seront quadrillées "par un réseau de pistes" qui permettra aux secours d'intervenir plus rapidement.

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"Dans ces espaces, des points d'eau y seront installés et la végétation réduite de chaque côté afin de priver les flammes d'une partie de leur combustible", résume Marion Toutchkov. Le feu perdrait alors en intensité, offrant aux pompiers une fenêtre d'action plus favorable.

Le débroussaillement, un levier crucial

Au milieu de tous ces leviers, le débroussaillement, souvent perçu comme une simple contrainte, demeure un allié de premier plan. Dans la forêt de demain, il sera un allié de taille.

S'il permet de ralentir la progression des flammes, il joue un rôle tout aussi crucial autour des habitations, "en créant une zone de protection destinée à limiter les risques lorsqu'un feu approche des bâtiments", rappelle Marion Toutchkov.