l'essentiel Face à la multiplication des incendies, le sénateur et ancien colonel des sapeurs-pompiers Pascal Martin estime que la doctrine opérationnelle actuelle a atteint ses limites et nécessite une nouvelle réflexion pour affronter les crises à venir.

À chaud, le constat est souvent le même. On se dit que l'on aurait pu faire mieux. Alors que les incendies en Gironde et dans les Landes commencent à se stabiliser, les premières questions se posent déjà. Au-delà des polémiques et des querelles de responsabilités, ces feux rappellent surtout une nécessité, celle de préparer l'avenir.

Car face à la multiplication des épisodes de grande ampleur, les habitudes du passé semblent montrer leurs limites. Pour Pascal Martin, sénateur et ancien officier supérieur des sapeurs-pompiers, il faudra revoir en profondeur "la doctrine opérationnelle" des secours.

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Un modèle qui a fait son temps

Jusqu'à présent, celle-ci reposait sur "cette capacité à mobiliser des renforts du nord de la France pour descendre dans le sud afin d'intervenir en urgence", détaille l'élu.

Un modèle qui semble désormais rattrapé par la réalité du terrain. "Il est difficile pour les SDIS du nord de la France de pouvoir se déshabiller en grande partie pour envoyer des renforts dans le sud alors que le risque existe également dans leur propre département", souligne-t-il.

"Il manque 50 000 sapeurs-pompiers volontaires"

Pour l'ancien colonel, cette nouvelle doctrine doit notamment passer par un renforcement des moyens aériens, mais aussi par une augmentation du nombre de sapeurs-pompiers volontaires. "Il en manque 50 000 en France", alerte-t-il.

Mais derrière ces besoins, la question du financement revient inévitablement sur la table. Car renforcer les effectifs, former les personnels ou renouveler les équipements nécessite des moyens supplémentaires.

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S'il rappelle que la prévention reste "le moyen d’action le plus efficace", le sénateur pointe les limites du système actuel des Services départementaux d'incendie et de secours (SDIS). "Son financement a atteint ses limites", constate-t-il.

Vers un nouveau mode de financement du SDIS ?

Aujourd'hui, les SDIS peinent à répondre à l'augmentation nécessaire des effectifs et des moyens face à l'aggravation des risques liés au réchauffement climatique. En parallèle, les départements voient leurs capacités financières se réduire comme peau de chagrin alors même qu'ils assurent 56 % du financement des SDIS.

De leur côté, les communes ne peuvent augmenter leur contribution plus rapidement que l'inflation, limitant encore les marges de manœuvre. "Donc ce système-là, il a fait son temps", estime Pascal Martin. Pour lui, il faudra désormais trouver de nouvelles sources de financement au-delà des communes et des départements.

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L'élu évoque notamment la piste des assurances pour compléter le financement actuel. Car derrière les moyens humains et matériels, il rappelle que les SDIS doivent aussi financer la formation, les équipements et la préparation des interventions.