Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’interpellation de 32 suspects, dont un tiers de mineurs, pour les incendies qui ont détruit 25 000 hectares en France depuis janvier. Ces arrestations, liées à des actes volontaires ou accidentels, touchent 22 départements, dont l’Hérault.

Près de 10 000 hectares consumés rien que pour la première semaine de juillet. Les incendies qui ravagent la France depuis plusieurs semaines sont particulièrement destructeurs. C’est simple, depuis le mois de janvier, 25 000 hectares ont déjà brûlé en France, soit trois fois plus que l’année dernière à la même époque. Alors, comment expliquer un tel bilan ?

Sur son compte X, Laurent Nunez a partiellement levé le "mystère" en annonçant l’interpellation de 32 personnes suspectées d’être à l’origine de départs de feu. Voici ce que l’on sait de ces arrestations.

Depuis le début de l'été, la @Gendarmerie est engagée dans les opérations de lutte contre les feux de forêts pour appuyer les manoeuvres de confinement et d'évacuation, surveiller et enquêter.

32 individus suspectés d'être à l'origine de départs de feu ont été interpellés dans…

— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) July 11, 2026

Des récidivistes

Les interpellations sont survenues dans une dizaine de régions, principalement l’Occitanie et l’Auvergne-Rhône-Alpes. D’après BFMTV, les suspects auraient été interpellés dans 22 départements différents.

À ce jour, trois individus ont été placés en détention provisoire, dont un récidiviste qui aurait allumé plusieurs feux dans l’Hérault. Le 6 juillet, le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, avait en effet confirmé à Midi Libre le placement en détention provisoire d’un homme de 27 ans qui avait été interpellé alors qu’il se trouvait à proximité du point de départ d’un incendie à Carlencas.

Après avoir dans un premier temps nié les faits, ce dernier avait affirmé lors de sa garde à vue "avoir involontairement mis le feu à la broussaille". Il avait auparavant déclaré à sa compagne "qu’il allait faire une connerie" et a déjà été condamné pour un précédent incendie. Son procès est prévu le 27 août prochain.

Le parquet de Béziers avait annoncé dans la foulée l’interpellation d’un autre homme, soupçonné d’être à l’origine de neuf départs de feux dans le département. Sa garde à vue a été levée lundi 6 juillet, mais l’enquête se poursuit dans l’attente, notamment, du résultat de certains prélèvements effectués sur sa personne, avait précisé le parquet.

Un tiers sont des personnes mineures

Dans sa publication, le ministre de l’Intérieur a dénoncé "ces comportements inacceptables qui génèrent des conséquences désastreuses et mobilisent nos sapeurs-pompiers au péril de leurs vies, relèvent désormais de la Justice". Avant d’assurer : "nous ne laisserons rien passer".

D’après les informations de BFMTV, un tiers des incendies recensés est d’origine accidentelle, lié à des braises de barbecues mal maîtrisés ou d’étincelles créées par des engins agricoles. Les autres faits relèvent de conflits de voisinage ou de profils souffrant de troubles psychologiques, indique TF1 Info.

En outre, un tiers des 32 personnes interpellées sont mineures. À Bavans (Territoire de Belfort), deux enfants âgés de 11 et 13 ans ont ainsi causé un départ de feu dans un champ en y jetant des pétards, mardi 7 juillet 2026. Le brasier a dévoré 3 000 m² de végétation avant d’être maîtrisé, indique Ici Besançon.

Pour rappel, déclencher volontairement un feu de forêt est passible de 15 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Pour un incendie involontaire, les peines encourues vont de 2 à 10 ans d’emprisonnement et une amende allant de 30 000 à 150 000 euros.