Après le mégafeu qui a ravagé le département en juillet, Sébastien Lecornu et plusieurs ministres sont attendus ce lundi 17 août en Gironde afin de rencontre les élus et représentants du territoire.

Ce qu’il faut retenir :

  • Ce lundi 17 août, Sébastien Lecornu et six ministres se rendent en Gironde, au Porge puis à Mérignac, pour lancer la "mission reconstruction" après le mégafeu de fin juillet qui a ravagé 42 000 hectares.
  • Accueilli sous les huées au Porge face à la défiance des habitants et des élus, le gouvernement affronte la colère du terrain.
  • Un décret actif depuis samedi apporte une aide financière aux PME de Gironde, des Landes (Biscarrosse) et du Var (Gros Bessillon). En parallèle, le chef de l’État reçoit ce lundi les maires varois touchés à Brégançon.

Après le mégafeu, le gouvernement se déplace en masse pour lancer la reconstruction : Sébastien Lecornu et plusieurs ministres viennent ce lundi 17 août en Gironde rencontrer les élus et représentants du territoire dévasté fin juillet, où la défiance envers l’État est élevée après le sinistre.

Avec 42 000 hectares parcourus, cet incendie fixé le 1er août est le plus grand en superficie en France depuis 1949. Avançant à une vitesse folle, les flammes se sont approchées à 15 km de la métropole bordelaise et ont provoqué l’évacuation de plus de 220 000 résidents et touristes.

Ce mégafeu est emblématique d’un été terrible : près de 100 000 hectares de forêt ont déjà brûlé en France en 2026, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), un record en 20 ans de mesures satellitaires.

Les annonces du Premier ministre de ce 17 août 2026.
Les annonces du Premier ministre de ce 17 août 2026. MIDI LIBRE - SOPHIE WAUQUIER

Le Porge puis Mérignac

Un incendie a encore parcouru 1 700 hectares depuis jeudi à une centaine de km de Bordeaux, au cœur de l’immense massif des Landes de Gascogne desséché par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique.

Présent dès dimanche au Porge, "sans caméras", le Premier ministre a réalisé avec le maire, un premier tour de cette commune où 183 maisons ont été détruites par l’incendie, selon son entourage.

Ce lundi, Sébastien Lecornu rencontre des membres d’un collectif d’habitants et des pompiers dont les représentants syndicaux, sur le plan national, ont appelé à une mobilisation fin septembre.

Il participera ensuite pendant trois heures à une table ronde avec les "élus locaux et les acteurs de la reconstruction" à Mérignac, près de Bordeaux.

La "mission reconstruction", qu’est-ce que c’est ?

Six ministres l’accompagneront : Serge Papin (Économie et tourisme), Mathieu Lefèvre (Environnement et reforestation), Vincent Jeanbrun (Logement), Françoise Gatel (Collectivités), Annie Genevard (Agriculture et forêt) ainsi que Laurent Nuñez (Intérieur, sécurité civile).

Cinq membres de la "mission reconstruction" pilotée par l’État seront aussi de la partie. Cette dernière est dirigée par Anne Coret, préfète et inspectrice générale de l’Administration, et Antoine Grézaud inspecteur général à l’Environnement et au Développement Durable.

Matignon assure que "la reconstruction sera accélérée, sans transiger sur la prévention et l’adaptation aux risques futurs", que la "priorité" sera "donnée aux sinistrés" suivis individuellement "pour le relogement puis la reconstruction", et que la "reconstruction de la forêt s’inscrira dans le temps long".

Prévoir des "pares-feu" en amont

"On sait comment gérer notre forêt, on connaît nos besoins. Plutôt que d’organiser des commissions parlementaires ou d’envoyer des inspecteurs généraux, il faut d’abord nous aider à faire", pestait récemment Bruno Lafon, président de la DFCI (Défense des forêts contre l’incendie) Aquitaine. Cette association de propriétaires forestiers a érigé plus de 120 km de pare-feu en abattant en urgence des milliers de pins fin juillet.

Ce maire de Biganos (Gironde), commune évacuée en juillet entre le massif forestier et le bassin d’Arcachon urbanisé, réclame surtout "des facilitations de réglementation" et des "moyens" pour que les propriétaires acceptent de créer "bien en amont" dans leurs parcelles ces "zones d’appui" aux pompiers.

"Il vaut mieux perdre 2 000 hectares en prévention, que 40 000 dans un incendie. Je le répète depuis 30 ans", dit celui qui avait interpellé Emmanuel Macron à ce sujet fin juillet à Bordeaux.

Une aide temporaire en Gironde, dans les Landes et le Var

"Faites-nous un plan Marshall", implorait la semaine dernière le maire du Porge Martial Zaninetti. Dans cette commune littorale de 3 500 habitants, les commerçants ont rédigé une lettre de doléances pour obtenir des exonérations de charges de l’État et des indemnisations de perte d’exploitation par les assurances.

Un décret instituant une aide temporaire et exceptionnelle en faveur des entreprises de moins de 250 salariés affectées en Gironde, dans les Landes (feu de Biscarrosse fin juillet, 3 700 hectares) et dans le Var (Gros Bessillon fin juillet-début août, 6 300 hectares) est entré en vigueur samedi.

Matignon rappelle également la prise en charge par l’État et les partenaires sociaux du chômage partiel pour les entreprises contraintes à fermer en raison des évacuations. La mairie de Saumos a, elle, exhorté Emmanuel Macron à "écouter" les locaux "avant de décider".

Le chef de l’État, qui doit recevoir lundi à Brégançon des maires de communes du Var affectées par le feu du Gros Bessillon, avait opposé aux critiques sur la gestion des incendies le fait d’avoir "quasiment doublé le budget de la sécurité civile" en dix ans, lors de sa visite à Bordeaux fin juillet.