En 1997, quelques mois après Le Bien public , Le JSL est l’un des tout premiers titres de la presse quotidienne régionale à créer son site internet. « C’était une intuition de la direction de l’époque qui ne savait pas trop quoi en faire, mais qui sentait bien que ce serait l’avenir, commente Christophe Saulnier, le responsable web du JSL. Au départ, on mettait l’intégralité du journal en version html, tous les jours et gratuitement. Puis le site ne bougeait plus de la journée. »

Au début des années 2000, de l’actu « chaude » s’invite sur le site, mais l’alimenter régulièrement n’est pas encore un vrai réflexe. En 2006, la maquette et la navigation sont totalement repensées et la rédaction plus sensibilisée, sans pour autant, que le choix des sujets soit vraiment réfléchi.

En novembre 2008, Le JSL décide de dédier un journaliste à temps plein au site internet. C’est Christophe Saulnier qui est choisi : « Les gens s’équipant de plus en plus d’ordinateurs, le site a commencé à faire un peu plus d’audience, mais rien à voir avec aujourd’hui. En 2007 par exemple, nous avions cumulé, sur l’année, environ un million de pages vues. Aujourd’hui, c’est régulièrement notre audience quotidienne… »

Tous les jours, toute l’année

Pour en arriver là, il a bien sûr fallu s’adapter. Techniquement d’abord, via des changements de logiciels, via plusieurs refontes du site et par la création d’une application JSL, d’autant plus indispensable que l’audience se fait aujourd’hui pour 85 % sur smartphone ou tablette.

Toute la rédaction a peu à peu acquis de nouveaux réflexes journalistiques et le service web s’est structuré, avec plusieurs journalistes dédiés. « Tous les jours, toute l’année, l’animation du site est assurée en continu de 7 à 23 heures. Et à n’importe quelle heure en cas de grosse actualité, les journalistes de terrain ont aussi les moyens de mettre une info en ligne, reprend le responsable web. L’idée est d’être le plus réactif possible, tout en effectuant un vrai travail de vérification et de traitement journalistique. Le JSL ne peut pas ne pas s’inscrire dans cette révolution des nouvelles manières de consommer l’information. »

De nouveaux formats se sont aussi imposés sur internet. Comme des enquêtes de longue haleine et « pures web », des questions posées aux lecteurs, ou encore l’animation de « directs », qu’ils soient sportifs, judiciaires ou liés à n’importe quelle actualité marquante et mouvante.

Bien être référencé, bien exister

« L’interaction est aussi de mise avec la possibilité de commenter chaque article, en dehors des faits divers, pour lesquels de trop nombreux propos seraient inappropriés. La modération est désormais assurée par un prestataire extérieur, car elle était devenue trop chronophage », détaille Christophe Saulnier.

Pour s’assurer que les contenus produits trouvent leurs lecteurs, le référencement est par ailleurs devenu un souci permanent, sans autre choix que de se plier aux évolutions des moteurs de recherche, Google en tête. « Leurs règles changent assez souvent. En ce moment, il faut s’adapter à Google Discover, qui scrute surtout les images, la taille et la formulation du titre, l’accroche, les relances ou encore les liens hypertextes. Il faut donc écrire d’une manière différente que la version papier, à la fois pour être bien référencé et pour maintenir les internautes sur le site. C’est quelque chose que nous parvenons à faire plutôt bien », se réjouit Christophe Saulnier.

Si les abonnés ont accès à tous les contenus, les autres lecteurs peuvent tout de même en lire plus de 50 % gratuitement. L’équilibre entre gratuit et payant est aussi en évolution régulière. « On a souvent des remarques d’internautes qui disent qu’il y a beaucoup de publicités. Mais il ne faut pas oublier que c’est elle qui nous permet d’offrir un bon volume de contenus gratuits. »

Les réseaux sociaux, la nouvelle norme

Autre révolution prise à bras-le-corps depuis quelques années, l’avènement des réseaux sociaux. Depuis 2022, une community manager a rejoint la rédaction saône-et-loirienne. Son rôle : faire vivre les contenus produits par la rédaction sur les réseaux sociaux. Le JSL est ainsi présent sur Facebook, Instagram, LinkedIn, X et, depuis 2024, Tik Tok. « On se doit d’y être, car c’est actuellement le réseau numéro 1 chez les jeunes, et qu’ils sont nos lecteurs de demain, explique Sarah Gay, la community manageuse du JSL depuis 2023. Ça a été un peu dur à faire décoller, mais c’est désormais bien parti. »

Il faut du buzz, du brut et du bref, c’est-à-dire encore une autre manière de concevoir la publication d’une information, et donc poursuivre sur la voie d’une perpétuelle remise en question. « On y arrive, comme le prouvent les abonnés et les interactions en hausse à nos réseaux. Même si la gestion des commentaires est compliquée, cette interaction est sans doute l’avenir, reprend Sarah Gay. Pour aller encore plus loin, cela passera peut-être par la création d’une sorte de canal d’échange, de forum avec les lecteurs. L’avenir est aussi pleinement à la vidéo qui, en très peu de temps, est devenue totalement indispensable. »