Interview. Incendies en Gironde : « Une situation très complexe à cause de l’orage de feu qui crée son propre vent et des orages »
Les conditions météorologiques sont toujours défavorables en Gironde où le mégafeu qui a déjà ravagé 42 000 hectares est toujours actif. On fait le point de la situation ce dimanche soir avec le capitaine Matthieu Jomain, sapeur-pompier et chargé de la communication au sein du service d’incendie et de secours de Gironde.
Propos recueillis par Alexandra Simard, en Gironde -
Aujourd’hui à 19:53 | mis à jour aujourd’hui à 20:51
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Le mégafeu de Gironde avait ravagé dimanche soir 42 000 hectares. Quel dispositif est mis en place pour faire face ?
« Le dispositif est inédit. 2 500 sapeurs-pompiers sont mobilisés, c’est du jamais-vu. Nous pouvons aussi compter sur 18 moyens aériens et l’aide de 1 500 militaires et 1 200 policiers et gendarmes. Samedi, l’A400M de l’armée a effectué son premier largage. On bénéficie aussi du concours de la population qui nous apporte de la nourriture, de l’eau, et nous envoie des témoignages de soutien. On a aussi des agriculteurs qui acheminent de l’eau au plus près de nos véhicules. Tous ces éléments associés à notre détermination font qu’on arrivera à bout. On dormira plus tard. »
Pourtant la fatigue est bien présente….
« Oui, les pompiers sont fatigués, usés, certains sont abîmés ; 75 pompiers ont été blessés, mais l’état d’esprit demeure combatif. »
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Après plusieurs jours à combattre le feux l’épuisement se fait ressentir du côté des pompiers. Photo EBRA/Matis Gardent
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Capitaine Matthieu Jomain, pompier et chargé de la communication au sein du service d’incendie et de secours de Gironde. Photo EBRA /Matis Gardent
« Les conditions sont toujours défavorables »
Où en est le feu en ce dimanche soir ?
« Le feu est aux portes de la métropole bordelaise, d’où les évacuations préventives qui ont été décidées samedi soir. Il est toujours actif et nous sommes incapables de dire quand il sera fixé. Les passages de pluie ont donné un certain confort, mais il fait tellement chaud, le feu est tellement vif que ces rares passages pluvieux n’ont pas permis de calmer l’incendie. La situation reste toujours très difficile, les conditions sont toujours défavorables, surtout à l’approche d’une quatrième vague de chaleur. »
Les pompiers du Var sont venus vous prêter main-forte alors qu’un important incendie sévit dans leur département…
« Tant que nos homologues du Var considèrent que leur présence en Gironde n’obère pas leur capacité dans le Var, ils resteront là. C’est la traduction concrète de notre adaptation. C’est pourquoi l’étape du Tour de France a été adaptée pour permettre à nos homologues de la région parisienne de venir prêter main-forte chez nous. »
Un deuxième orage de feu a été observé. Ce phénomène météorologique n’avait jamais été vu en France. De quoi s’agit-il exactement ?
« C’est ce que l’on appelle un pyrocumulonimbus. Les conditions météorologiques donnent au feu une capacité de créer lui-même son propre vent. Il est accompagné d’orages et n’est pas anticipable. Cette situation est très complexe car elle redistribue les cartes, et nous oblige à nous adapter en fonction. »