Gabriel Attal sillonne la France pendant tout l’été pour donner une dynamique à sa campagne. L’ancien Premier ministre qui reste devancé dans les sondages par Édouard Philippe passe la journée de lundi à Annecy (Haute-Savoie) sur le thème de l’environnement. Il répond à la polémique sur les commandes de Canadair en 2024.

Propos recueillis par Luc Chaillot -

Aujourd’hui à 19:26

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Regrettez-vous d’avoir signé en 2024 le décret qui a conduit à annuler les commandes de deux Canadair ?

« La France insoumise raconte n’importe quoi. Il n’y a pas eu d’annulation de commandes. Je suis le seul Premier ministre en 20 ans à avoir lancé la commande de Canadair. Quatre Canadair ont été commandés, dont deux quand j’étais Premier ministre. En dix ans, le budget de la sécurité civile a quasiment doublé. »

À quoi correspondent les 53 millions d’euros de crédits annulés ?

« L’avionneur canadien De Havilland ne pouvait prendre que deux commandes de Canadair, puis deux commandes supplémentaires deux ans plus tard. On s’est toujours calé sur les possibilités de l’industriel. »

Répondant à une accusation de La France Insoumise, Gabriel Attal assure qu’il n’y a pas eu de commandes de Canadair annulées en 2024. Photo Sipa /Chang Martin

Répondant à une accusation de La France Insoumise, Gabriel Attal assure qu’il n’y a pas eu de commandes de Canadair annulées en 2024. Photo Sipa /Chang Martin

Le gouvernement a-t-il trahi ses engagements en laissant passer la loi d’urgence agricole réautorisant deux insecticides interdits ?

« Cette loi donne la possibilité à l’Anses d’accorder une dérogation pour certaines filières de manière encadrée. Mon groupe défendait l’idée de réserver le sujet des phytosanitaires à un autre texte. Le gouvernement a maintenu cette mesure dans la loi, contrairement à ce qu’il avait dit. Mais le texte contient des mesures importantes pour les agriculteurs et c’est la raison pour laquelle je l’ai voté. »

Vous êtes en campagne tout l’été. Comment comptez-vous rattraper votre retard sur Édouard Philippe dans les sondages ?

« Je mesure sur le terrain que l’intérêt pour mon projet de transformation profonde grandit et qu’une dynamique se lance. Je vois aussi cette dynamique dans les sondages. J’étais dix points derrière Édouard Philippe avant ma déclaration de candidature. Je ne suis plus que trois points derrière lui. Il n’y a pas de candidat qui plie le match dans notre camp politique. »

« Début 2027, il faudra un rassemblement »

Édouard Philippe propose un départage entre octobre et février. Faut-il un accord de retrait réciproque plus tôt ?

« L’important, c’est d’avoir une vraie campagne avec des projets qui vont se confronter si on veut éviter Le Pen-Mélenchon au second tour. Et début 2027, il faudra un rassemblement s’il y a un risque de deuxième tour LFI-RN. »

Début 2027, ce n’est pas trop tard ?

« Non, je ne crois pas. Et Édouard Philippe, quand on s’en est parlé, était sur la même ligne. »

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Vous allez à Annecy qui a été reprise aux Écologistes. Est-ce une ville symbole pour vous ?

« J’y vois surtout le symbole de l’implantation locale de mon parti. Aux dernières municipales, on a doublé notre nombre d'élus. Les habitants d’Annecy ont fait le choix d’arrêter le surplace pour accélérer, passer de mesures symboliques et de slogans à une vraie volonté d’agir. »

« Quatre chantiers capitaux dans ma campagne »

Pourquoi placer ce déplacement sous le signe de la transition écologique ?

« Il y a quatre chantiers capitaux dans ma campagne : école, salaires, frontières et IA. Ainsi que deux dettes à résorber : la dette publique et la dette climatique. Annecy, entre le lac et les montagnes, est aux premières loges pour mesurer l’impact de la transition écologique. Tous les défis se concentrent ici. Je veux insister sur la gestion de l’eau, un enjeu majeur, lors de ce déplacement. »

Comment réagissez-vous à ces achats massifs d’un journal, L’Écho Savoyard, par la mairie d’Annecy, pour tenter d‘étouffer une affaire de viol dont est accusé le premier adjoint au maire, Anthony Granger ?

« La réponse du maire a été claire, indiquant qu’aucune consigne n’a été donnée, qu’aucune organisation n’a été mise en place et qu’aucun argent public n’a été mis à disposition, ni par la ville, ni par son cabinet. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire. »