Ce dispositif a été mis en place à la suite d’un « grand nombre de demandes » de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l’armée iranienne.

Par Vincent Gibert avec AFP

Quand bien même aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n’a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, l’armée iranienne a annoncé dimanche 16 août une prime de 30 000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain.

Le chef d’état-major de l’armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d’un « grand nombre de demandes » de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l’agence officielle Irna.

« Quiconque tue ou capture et remet à l’armée de la République islamique d’Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30 000 dollars, soit cinq milliards de tomans », a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10 000 rials iraniens. En employant le terme « envahisseur », Amir Hatami suggère qu’il s’agirait du cas où l’Iran ferait l’objet d’une violation de son territoire.

« Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense », a-t-il ajouté.

Un pilote américain caché 36 heures sur le sol iranien

Depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran, on ne recense qu’un seul cas où un soldat américain s’est retrouvé sur le sol iranien : celui du pilote dont l’appareil s’était écrasé en avril, et qui a nécessité une mission de sauvetage pour lui porter secours. Ce pilote avait notamment survécu, caché dans une crevasse montagneuse, pendant 36 heures.

Les autorités iraniennes s’étaient rapidement lancées à sa recherche et avaient également appelé la population à y participer. Si l’Iran retrouvait cet officier, Téhéran aurait pu s’en servir comme un atout stratégique dans ses discussions avec Washington.

Un premier occupant de l’avion avait lui pu être exfiltré peu après le crash, au cours d’une première opération menée en plein jour par les forces spéciales américaines.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d’un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats. L’Iran et les États-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrent principalement autour du stratégique détroit d’Ormuz.