Lorsque Nicole Phelps, aujourd’hui directrice mondiale de Vogue Runway, a écrit sur la collection printemps-été de la “petite sœur” de Prada à Paris en octobre 2007, elle a qualifié la coupe des robes de “scandaleusement courte” – le terme “scandaleusement” sonnant ici comme un adjectif positif – et ne faisait que souligner l’une des émotions suscitées par ce défilé. Cette saison-là, Miuccia Prada s’était inspirée de “la vie comme théâtre et de tous les clichés liés à la façon dont les gens se représentent dans le monde”, saisissant ainsi l’aspect le plus ironique, complexe et théâtral de la féminité. Et c’est justement l’une de ces mini-robes – ou peut-être faudrait-il plutôt dire ultra-mini – de cette collection printemps-été de Miu Miu qu’Iris Law a portée lors du Vogue World 2026 : Milan.

Iris Law Vogue World Milano 2026

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Iris Law Vogue World Milano

Paris Fashion Week printemps-été 2008.

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Sur le podium parisien sont apparues en 2007 des blouses moulantes sans manches (agrémentées de petits plastrons) d’où s’épanouissaient des jupes en tulle vaporeuses comme des tutus ; des shorts de style “bloomer”, c’est-à-dire des culottes larges à la manière des petites filles ; des tissus lamés, des transparences, des superpositions de volants très courts et des cols maxi ; une combinaison à rayures multicolores ; les personnages d’Arlequin et de Pierrot. Un spectacle de masques collectifs inspirés de la comédie, du ballet – comment ne pas penser au Lac des cygnes –, mais aussi des archétypes féminins que sont les femmes de chambre ou les playmates de Playboy. Une réécriture de la garde-robe jeune et sexy (mais pudique) qui s’inscrit dans la continuité de ce qu’est devenue aujourd’hui la marque milanaise.

Iris Law Vogue World Milano 2026

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Le look de mariée signé Miu Miu porté par Iris Law à Vogue World : Milan 2026

La mannequin anglo-américaine née en 2000, célèbre pour sa coupe pixie décolorée et son regard langoureux, la “Gen Z pout”, mieux connue sous le nom de “moue dissociative”, incarne une mariée alternative en portant une nuisette issue de la collection printemps-été 2008 de Miu Miu. Olivia Rodrigo, en portant une robe de ce style signée Chloé, nous avait déjà laissé entrevoir le retour en grâce de la mini-robe, sur les notes de son titre “Drop Dead” dans le clip tourné au château de Versailles. Mais Iris Law n’est certainement pas la première à “se marier” en robe courte. Pour son défilé dans la Galerie Vittorio Emanuele II, elle s'est inspirée de deux modèles emblématiques. De celle portée par Audrey Hepburn, une mini-robe en satin à large encolure bateau et à la ligne sous-poitrine marquée, trop haute pour être une taille et trop basse pour être de style empire, elle reprend les manches ajustées à volants aux extrémités (les manches à la française). Quant à celle de Yoko Ono, plus ludique et que l’artiste avait d’ailleurs associée à une paire de baskets blanches, elle en a repris les micro-volants en les transformant en un plissé à l’effet presque plumeux. Même le col maxi n’échappe pas à ce décor plissé.

Audrey Hepburn avec son second mari le psychiatre Andrea Dotti le jour de leur mariage à Morges en Suisse en 1969.

Audrey Hepburn avec son second mari, le psychiatre Andrea Dotti, le jour de leur mariage à Morges, en Suisse, en 1969.

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Le reste de la tenue était complété hier soir par une paire de collants voilés en dentelle blanche, ultra chics, et des ballerines à bout pointu signées Dolce & Gabbana qui reprennent le motif floral brodé. Un look de mariée qui, comme dans l’imaginaire, joue avec des proportions non conventionnelles à travers le prisme ironique et ludique de Miu Miu qu'Iris Law incarne à merveille.

Yoko Ono et John Lennon le jour de leur union civile.

Yoko Ono et John Lennon le jour de leur union civile.

Bettmann

Article initialement publié sur Vogue Italia