Grâce à ses Ray-Ban, conçues en partenariat avec EssilorLuxottica, Meta détient environ 76 % du marché mondial des lunettes connectées et a vendu 7 millions de paires en 2025, rapporte Reuters. Sollicité par l'AFP courant septembre, un porte-parole de Meta a rappelé que « chaque paire est équipée d'une lumière LED qui clignote quand vous filmez ou prenez des photos ». Le porteur ne peut pas éteindre ce témoin, et Meta désactive automatiquement la caméra s'il le masque ou l'abîme. Début septembre, l'entreprise a aussi corrigé, par une mise à jour, une faille de ses lunettes. Certains utilisateurs masquaient la LED avant de lancer l'enregistrement, et Meta coupe désormais la vidéo dès que le témoin est caché, avant ou après le début de la capture.

« Voir une lumière allumée ne signifie pas que vous consentez à être filmée, ni à voir votre image diffusée ensuite auprès de milliers de personnes », a prévenu Inès Legendre auprès de Reuters. Pour Inès Girard, chargée des projets sur les violences de genre liées au numérique au centre Hubertine Auclert, l'industrie technologique doit agir davantage, car sans cela, seules les personnes filmées, et d'abord les femmes, doivent faire preuve de vigilance. « Il faut revoir l'encadrement de ces dispositifs dès leur conception », a réclamé de son côté Véronique Béchu, directrice de l'Observatoire d'e-Enfance, qui exige aussi des plateformes une « tolérance zéro » et la suspension des comptes récidivistes.

La CNIL a reçu moins de dix plaintes liées à l'usage de ces lunettes au travail, a-t-elle indiqué à Reuters, et de plus en plus d'entreprises l'interrogent sur la possibilité de les interdire dans leurs locaux. Dès mai, l'autorité recommandait d'obtenir l'accord des personnes filmées avant toute publication sur les réseaux sociaux.

La section cybercriminalité du parquet de Paris a par ailleurs testé des lunettes connectées courant septembre, « afin d'identifier la commission d'autres infractions pénales ». Un porteur pourrait par exemple capter les codes de récupération d'un portefeuille de cryptomonnaies, puis voler les fonds qu'il contient.