J'ai donné 47 000 euros de ma pension à mon fils pour sa première maison : maintenant, je ne peux plus partir en vacances
À 57 ans, Sean Graham mesure concrètement le prix du coup de pouce qu’il a voulu donner à son fils. Cet ancien cadre commercial avait pourtant préparé sa retraite avec soin : il disposait d’environ 130 000 livres, soit près de 153 000 euros, sur une pension personnelle et de presque 160 000 livres, environ 188 000 euros, sur un régime d’entreprise. Il envisageait initialement d’arrêter de travailler à 60 ans, mais la pandémie et l’isolement de cette période l’ont amené à revoir ses priorités. Sean a finalement pris sa retraite à 55 ans, bien avant l’âge légal, avec l’envie de profiter davantage de son temps.
Peu avant ce changement de vie, Sean avait déjà commencé à réduire son train de vie. Il avait vendu l’une de ses voitures et déménagé dans une maison plus petite, une opération qui lui avait permis de dégager environ 100 000 livres de liquidités, soit près de 117 000 euros. Une partie de cette marge financière allait bientôt servir à son fils Joshua, aujourd’hui âgé de 26 ans, et à sa compagne Georgia, 25 ans : « Je voulais aider mon fils et sa partenaire », partage-t-il dans les colonnes de The i Paper. Et d'ajouter : « Accéder à la propriété, car je savais combien ce serait difficile pour eux autrement. » Le jeune couple souhaitait acheter son premier logement, mais l’apport nécessaire restait difficile à réunir.
Le prix à payer pour aider son fils à devenir propriétaire de sa maison
Sean a donc décidé de puiser dans la partie de son épargne-retraite qu’il pouvait récupérer sous forme de capital exonéré d’impôt. Au total, il a consacré 40 000 livres, soit environ 47 000 euros, à l’installation de Joshua et Georgia. « Nous leur avons versé 15 000 livres d’acompte, 10 000 livres pour l’ameublement et 15 000 livres supplémentaires pour l’achat d’un véhicule. Tout cela provenait de mon capital exonéré d’impôt et de mes économies. » Cela représente environ 17 600 euros pour l’apport, 11 700 euros pour les meubles et encore 17 600 euros pour le véhicule. Le couple a ainsi pu acheter une maison mitoyenne de trois chambres d’une valeur de 225 000 livres, soit environ 264 000 euros.
Pour le retraité, cette aide répondait surtout aux difficultés rencontrées par de nombreux jeunes actifs pour devenir propriétaires. Joshua, gérant chez Pizza Hut, et Georgia, qui travaille chez Home Bargains, disposaient de revenus relativement modestes. « Sa conjointe et lui travaillent tous deux dans le commerce et l'hôtellerie-restauration avec des salaires relativement bas. Il a toujours été soucieux de ses finances, avait des économies et aucune dette, mais un apport initial pour une maison était tout simplement hors de leur portée. Sans aide, je pense qu'ils auraient eu beaucoup de mal à devenir propriétaires. » Pour Sean, contribuer à leur achat apparaissait donc comme une décision logique.
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Sean a puisé 47 000 euros dans son épargne-retraite pour permettre à son fils et sa compagne d’acheter leur première maison
Une maison pour son fils, mais moins de marge pour sa propre retraite
Le geste a toutefois eu des conséquences durables sur ses propres finances. Après son départ anticipé à la retraite et ce prélèvement important, Sean ne dispose plus de la même réserve qu’auparavant. Il retire désormais environ 1 000 livres par mois de sa pension personnelle, soit près de 1 175 euros, afin de couvrir ses factures et ses dépenses courantes. Il compte fonctionner de cette manière jusqu’à pouvoir toucher sa pension d’État, à 67 ans dans son cas, puis utiliser davantage sa pension d’entreprise. Avant d’arrêter de travailler, il gagnait environ 70 000 livres par an, l’équivalent d’un peu plus de 82 000 euros : le contraste avec son budget actuel est donc important.
Les vacances font notamment partie des dépenses que Sean et Clare, 56 ans, ont revues à la baisse. Son épouse continue de travailler comme planificatrice pour une entreprise de revêtements de sol, et son salaire contribue aujourd’hui largement aux dépenses du foyer. « Avant, nous partions en vacances quatre fois par an, mais nous avons réduit cela. Nous vivons une vie simple grâce au salaire de ma femme, et c'est une décision que nous avons mûrement réfléchie. » Le retraité ne présente donc pas ces concessions comme une mauvaise surprise, mais comme la conséquence d’un choix familial qu’il savait susceptible de modifier son niveau de vie.
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Après avoir aidé son fils, Sean doit désormais puiser dans sa pension et réduire son train de vie, notamment ses vacances
Un dernier coup de pouce pour la maison avant de fixer des limites
Il a cependant dû expliquer à son fils que son soutien financier avait désormais des limites. « La conversation la plus difficile a été d'expliquer à mon fils et à sa compagne que je ne pourrais pas être leur filet de sécurité financière indéfiniment après ma retraite. » Une précaution qu’il résume simplement : « Il s’agissait de trouver un équilibre entre les aider et protéger notre propre avenir. » Son cas est loin d’être exceptionnel. Selon une étude de Standard Life, trois parents sur cinq ayant des enfants adultes leur apportent une aide financière, tandis que plus d’un quart ont déjà puisé dans leurs économies pour les soutenir.
Sean, lui, assure ne rien regretter. Joshua et Georgia sont désormais installés dans leur maison et attendent un bébé pour l’été, une nouvelle qu’il décrit comme « la cerise sur le gâteau ». Les voyages sont moins nombreux et son budget de retraite plus serré, mais le bénéfice familial reste, à ses yeux, largement supérieur aux concessions consenties. « Nous ne regrettons absolument rien. Savoir que nous avons pu les aider à un moment si important de leur vie est primordial, et de toute façon, nous continuerons à tout leur léguer à l'avenir. » Un choix généreux qui montre aussi combien aider ses enfants peut transformer ses propres projets de retraite.