Malgré une reconnaissance du bout des lèvres, l’accusé n’a pas été capable de décrire précisément ce qu’il a fait, le 27 novembre 2017 à son petit garçon de cinq mois, qui est décédé dans les heures suivantes à l’hôpital, victime de traumatismes du cerveau très caratéristiques du syndrome du bébé secoué. Verdict ce vendredi 25 septembre.

D’une voix douce, la présidente de la cour d’assises de l’Hérault insiste. "Comment cela a pu arriver ?" demande-t-elle à Olivier, 42 ans, accusé d’avoir provoqué la mort de son bébé de cinq mois, en le secouant pour qu’il cesse de pleurer, en novembre 2017, dans un village des hauts cantons.

"Je ne sais pas, j’ai un trou noir", répond ce jeudi 24 septembre cet ouvrier agricole, père de trois autres enfants, qui n’a jamais véritablement reconnu son acte, survenu alors que la maman était partie faire des courses avec leur fille aînée.

"Avez-vous eu un geste qui a eu des conséquences que vous ne vouliez pas ? On ne vous accuse pas d’avoir voulu la mort de votre fils", insiste la juge. "Peut-être. Peut-être un mauvais geste. J’ai voulu faire une mauvaise manipulation."

Me Corbier, partie civile pour France Victime, prend le relais. "Vous avez dit qu’il n’avait jamais pleuré aussi fort ?"

"J’ai fait tout mon possible pour le calmer." L’avocate : "Et ça n’a pas marché ? " L’accusé. "Ça n’a pas marché, et puis il est arrivé ça. J’ai pas dû faire attention avec l’angoisse, j’ai dû faire une mauvaise manipulation."

"Ça ne peut pas être lui" jure la maman

Voilà. On n’en saura sans doute pas plus sur la mort de ce bébé de cinq mois, jugée bien tardivement par la justice, et que toute sa famille ne semble avoir qu’une hâte : oublier le plus tôt possible.

"Je sais très bien que mon mari n’a pas pu faire de violence à mon fils, ça fait 17 ans que je suis avec lui, il n’a jamais fait de violences aux enfants. Ça ne peut pas être lui", martèle Laura, la maman du bébé, qui soutient Olivier depuis le jour du drame, le couple ayant eu un autre enfant trois ans plus tard.

"Vous en espérez quoi, de ce procès ?", demande la juge. "Que mon fils parte en paix. Là, vous n’évoquez pas la souffrance qu’il a eue, le père. Tant qu’on parlera de lui, il ne sera pas en paix."

"Un enfant est mort après deux jours de souffrance, et personne ne se lève pour dire qu’il a été victime d’un acte grave", s’insurge Me Chantal Corbier. "On n’est pas là pour compatir, on est là pour comprendre. Monsieur vient nous dire, je ne sais pas, et madame, je ne veux pas savoir. On essaie de maintenir la cohésion familiale autour d’un énorme mensonge."

L’avocat général Cavaillez est précis : "Un nourrisson âgé de cinq mois et un jour est mort. Son décès est lié au syndrome du bébé secoué. Seul son père était présent avec l’enfant". À son encontre, il réclame 15 ans de réclusion criminelle, sur les trente ans encourus. "C’est un homme qui un jour a perdu les pédales." Verdict ce vendredi 25 septembre.