Propos racistes tenus par un policier municipal de Carcassonne : ces échanges qui prouvent que le maire Rassemblement national persiste dans ses mensonges
Le maire Rassemblement National de Carcassonne, Christophe Barthès, a donc ouvertement menti lors de sa conférence de presse organisée après le scandale d’un policier municipal tenant des propos racistes le mercredi 9 septembre. Rejetant la faute sur la municipalité précédente, l’édile d’extrême droite a pourtant bien été informé à travers plusieurs signalements que s’est procurés L’Indépendant.
Christophe Barthès était donc bien informé de ce scandale, mais a préféré le passer sous silence. Une version qu'il maintient d'ailleurs au cours du conseil municipal de ce jeudi 24 septembre 2026. Après la diffusion, par nos collègues de Midi Libre, d’une vidéo dans laquelle on entend un policier municipal de Carcassonne, C.R., tenir des propos racistes, homophobes, complotistes et misogynes, le maire d’extrême droite avait rejeté la faute sur la précédente municipalité. "Cette vidéo remonte à huit mois, période durant laquelle nous n’étions pas aux responsabilités à Carcassonne. L’ancienne équipe municipale a volontairement mis sous le tapis cette affaire en pleine campagne électorale", avait détaillé l’édile devant la presse, au lendemain du scandale.
Christophe Barthès, ainsi que son directeur de cabinet, Maxime Bot, et son adjointe chargée des Ressources humaines, Nathalie Flamant, connaissaient, peu de temps après leur élection, l’existence de ces propos nauséabonds proférés par cet agent aussi membre du service d'ordre de Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Plusieurs documents, que L’Indépendant s’est procurés, révèlent la gravité des faits et l’inaction du maire RN : "Des enregistrements comportaient des propos à caractère raciste, dénigrants et menaces violentes", peut-on lire dans l’un d’entre eux, envoyé courant avril, avant que ce courrier ne fasse aussi état de menaces de violences physiques proférées par un collègue dans l’enceinte de la mairie. "Une plainte a d’ailleurs été déposée", peut-on voir dans ce signalement. Le premier magistrat de Carcassonne, ainsi que son entourage, n’ont pas répondu à ces sollicitations malgré un accusé de réception.
Une ambiance délétère
Un autre signalement, d’abord adressé à la direction de la police municipale, est également resté lettre morte. Dans celui-ci, un agent demande à ne plus travailler avec C.R. Dans ce document, cette personne affirme que ce dernier crée "une ambiance délétère impactant les conditions de travail" et précise qu’une enquête administrative, en l’occurrence par rapport à cette vidéo, est en cours.
Dans un autre paragraphe du document, ce policier municipal espère que "la proximité entre le maire et cet agent ne lui portera pas préjudice".
Une manœuvre frauduleuse de la part d’agents de la police municipale
Quelques jours plus tard, la direction de la police municipale répond à cet agent en prenant la défense de C.R. Sauf que cette fois-ci, on retrouve en copie Maxime Bot, Christophe Barthès ou Nathalie Flamant. Une fois de plus, les élus ont eu connaissance de cet échange mettant en cause un policier municipal tout en ayant connaissance de cette enquête administrative.
Dans sa réponse, la direction prend la défense de C.R. en expliquant "que l’enquête émane d’un dysfonctionnement au sein de la brigade de C.R. Je t’indique que l’enquête émane également d’une manœuvre frauduleuse de la part d’agents de la police municipale". La direction de la police municipale prend aussi la défense du maire et de sa possible proximité avec ce fonctionnaire mis en cause : "Tu indiques dans ton mail que la proximité avec cet agent et le maire pourrait te porter préjudice au regard des éléments exposés. Pour ma part cela pourrait être mal interprété notamment en termes d’impartialité de la part de Monsieur le maire envers les agents de la collectivité quand celui-ci a l’obligation de veiller au respect de leurs droits et de leurs obligations".
À noter que Christophe Barthès n’a pas suspendu les protagonistes de cette affaire, alors qu’il était informé avant que celle-ci ne soit révélée au grand public. L'édile a rappelé au cours du conseil municipal avoir été informé seulement à partir du 19 mai, jour où le rapport administratif a été déposé à Nathalie Flamant et lui-même.