« Je me suis dit que si on nous envoyait cette épreuve, on était capables de l’assumer » : Les sacrifices de Francis Perrin pour son fils autiste
Au clavier, aux manettes ou sur les planches : chez les Perrin, on décline le jeu sous toutes les formes.
© Ilan Deutsch / Paris Match
Dans un entretien accordé à « Paris Match », le comédien de 78 ans revient sur l’épreuve qu’a été l’autisme de son fils, Louis, qui monte désormais sur scène à ses côtés, dans « Le Malade imaginaire ».
Francis Perrin regarde son fils avec beaucoup de fierté et une pointe d’émotion. Louis a désormais 24 ans et est devenu un comédien épatant. En 2019, père et fils avaient cocréé une pièce inspirée de la vie de Molière. Depuis, malgré son handicap, Louis vit lui aussi pour le théâtre. À partir de ce 2 septembre, il sera sur la scène de la Michodière, à Paris, dans « Le Malade imaginaire », avec son père et deux de ses sœurs, Jeanne et Clarisse. « Louis a une compréhension innéedu théâtre. Il arrive tout de suite à être dans le ton. Et puis, il a une mémoire extraordinaire », s’enthousiasme Francis Perrrin.
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Que de chemin parcouru depuis qu’on lui annoncé à lui et son épouse, Gersende, que leur enfant était autiste. Louis a alors deux ans, et les médecins assurent à ses parents qu’il ne parlera certainement jamais. Francis et Gersende ne sont pas du genre à baisser les bras. Ils découvrent un traitement répandu dans les pays anglo-saxons mais presque inconnue en France. Surtout, ils décident d’être présents à 100% pour leur enfant.
Surtout Gersende qui consent à stopper sa carrière, elle qui était aussi comédienne. « Alors qu’elle aurait pu intégrer la Comédie-Française », nous assure Francis Perrin. Résultat : en quelques années seulement, Louis gagne en autonomie.
Louis a envie d'écrire sa propre pièce de théâtre
Durant cette épreuve, Francis Perrin s’est rattaché à deux choses pour ne pas sombrer. D’abord le théâtre : « Quand vous apprenez que votre fils est autiste, tout pourrait s’écrouler… Mais non ! Pour tout ça, je remercie le théâtre ! », nous dit-il. Et la religion, lui qui prie tous les jours : « Quand l’autisme de Louis nous est tombé dessus, j’ai repensé à mon éducation religieuse. Si on nous envoyait cette épreuve, c’est qu’on était capables de l’assumer. »
Aujourd’hui, Louis vit chez ses parents dans le Vaucluse, mais a son propre petit appartement, non loin de la maison principale. Il fait donc sa vie, comme on dit, et brille sur scène. Louis nous confie même écrire sa propre pièce de boulevard, dans laquelle il sera « pour la première fois, le seul Perrin à jouer. » Loin de s’en vexer, Francis se réjouit de voir un jour le résultat.
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