« Je ne peux pas nier qu’il y a eu la main de Dieu » : sauvée des flammes à Cotignac, Notre-Dame-de-Grâces a-t-elle bénéficié d’un geste divin ?
Le feu est venu une première fois semer le désordre le mardi 21 juillet. Précipitant l’évacuation de près de 80 personnes du sanctuaire vers l’hôtel Lou Calen, dans le centre du village : 10 frères, 35 filles des scouts unitaires de France et d’Europe et 5 familles présentes en session familiale.
Le feu est revenu violemment le jeudi 23 au soir. Passé en dessous du sanctuaire, côté village, avant de remonter. Il a été stoppé en haut de l’escalier Louis XIV, devant le parvis de l’église. Bâtiments principaux, foyer de la Sainte-Famille, ermitages, prieuré des frères… Malgré quelques coups de chaud, tout a été sauvé. Le mérite en revient en premier lieu aux 200 soldats du feu qui ont lutté pour tenir ce verrou tactique. Mais dans ce lieu saint, impossible de ne pas penser au divin.
« Je me suis interdit de crier au miracle, assure le père Vincent, recteur de Notre-Dame-de-Grâces. Quand on regarde autour de nous, je ne peux pas nier qu’il y a eu la main de Dieu derrière tout ça. Une protection spéciale, en tout cas. Un pompier revenu du feu nous a dit la même chose. »
Photo O. B. / Var-matin
« Le Seigneur ne fait pas tout, tout seul »
« Vous vous rendez compte, les flammes se sont arrêtées là. Et quand on voit ces croix blanches immaculées… C’est clair qu’il y a eu une protection. »
Armelle et Philippe sont venus du Loir-et-Cher pour visiter ce site religieux majeur de Provence dédié à saint Joseph. Un voyage programmé depuis cinq ans qu’ils ont pourtant failli annuler. « Mon mari ne voulait plus venir car tout était brûlé et on ne pouvait plus dormir sur place. Mais j’ai insisté car je voulais absolument venir voir cette protection. C’est une grâce. »
Et l’action des pompiers, dans tout ça ? « Oui, ce sont les deux, reprend Armelle. Le Seigneur ne fait pas tout, tout seul, il se sert d’intermédiaires. » « C’est un signe d’espérance pour les gens. Il est important que chacun y mette sa foi », résume le recteur du sanctuaire.
Photo Florian Escoffier / Var-matin
De l’eau bénite versée sur la statuette de saint Joseph
Au monastère Saint-Joseph du Bessillon, les sœurs ont versé de l’eau bénite sur la statuette de saint Joseph avant d’être évacuées le 21 juillet vers l’abbaye du Thoronet pour trois semaines. « Elles disent qu’elles ont été protégées. On ne peut pas dire que c’est faux », raisonne le père Vincent.
Persuadé que le lieu allait être protégé, celui-ci a omis d’emporter dans sa fuite les trésors de l’église : une statue de 1535 et le tableau miraculeux représentant le frère Fiacre priant pour la naissance de Louis XIV devant lequel le roi, devenu adulte, vint se recueillir en 1660 au bras de sa jeune épouse Marie-Thérèse d’Autriche. « J’étais très confiant, mais peut-être un peu léger sur la chose… », sourit le recteur du sanctuaire.
Dans les rangs des sapeurs-pompiers qui ont gagné la bataille de Cotignac, on dit volontiers d’eux qu’« ils ont gagné leur place au paradis ». À chacun sa foi.