"Je vais devoir dormir à l’hôtel" : des étudiants sont toujours sans toit à quelques jours de la rentrée à Montpellier
La Fédération syndicale étudiante (FSE) dénonce un système d’attribution "opaque" et un parc "pas à la hauteur" des logements gérés par le Crous. Et suis actuellement une dizaine de dossiers d’étudiants toujours sans logement ou menacés d’être expulsés de celui qu’ils occupent.
"J’ai appris que je devais quitter mon logement alors que j’avais fait mon renouvellement et que, du coup, je ne cherchais pas autre chose à côté et me disais que ça allait fonctionner", raconte, Emmanuelle. Une étudiante étrangère inscrite en master 2 qui a reçu cette annonce comme un mauvais coup sur la tête, à quelques jours de sa rentrée universitaire à Paul-Valéry. "Je devais quitter ce logement du Crous le 31 août mais ne l’ai pas fait. Mais à partir de ce mois-ci, je vais devoir payer des frais supplémentaires taire de cinquante euros et le loyer va être multiplié par deux. Et en plus, je vais perdre l’APL (aide personnalisée au logement, versé par les Allocations familiales, NDLR). Je demande juste que l’on me laisse une année pour finir mon diplôme…", poursuit-elle.
Dans un hôtel à Saint-Jean-de-Védas après avoir candidaté trois fois d’affilée
Benoît, lui, a vécu une autre déconvenue. Pourtant bien placé sur le papier eu égard aux critères généraux requis pour bénéficier de l’un des huit mille logements gérés par le Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Montpellier (Crous), il a dû se résoudre à payer un hôtel du côté de Saint-Jean-de-Védas. Sans autre choix sinon celui, ubuesque, de faire au quotidien l’aller-retour jusqu’auprès de siens, à près de quatre cents kilomètres de là. "J’ai pourtant candidaté trois fois d’affilée Sur Parcoursup, j’avais confirmé mon à Montpellier bien avant de passer mon bac et alors que la plateforme d’inscription du Crous venait d’ouvrir", raconte-t-il. Comme lui, ils sont une petite dizaine à subir une situation identique. Et à être accompagné par la fédération syndicale étudiante (FSE) "mais il y en a d’autres". Dont des représentants ont organisé une conférence de presse ce 2 septembre pour dénoncer les conditions de leurs homologues.
"Le Crous a failli à sa mission de service public"
"Il y a une certaine urgence car certains se retrouvent à la rue ", déplorent la FSE. Regrettant "que le Crous fasse un classement de la détresse des étudiants. Le Crous a failli à sa mission de service public car son parc ne répond pas aux besoins avec huit mille logements pour plus de dix mille boursiers rien que sur Paul-Valéry, 31 000 si l’on prend en compte l’Université de Montpellier. L’université subie des baisses de son budget chaque année faisant de l’université accessible et gratuite pour tous un mirage", estime la Fédération.
Laquelle évoque aussi le cas de ces étudiants, eux également sans toit, "obligés de faire des allers-retours plusieurs fois par semaine entre Montpellier, Narbonne ou Montélimar".