Julius Baer Wealth Management Monaco écope d’une amende de 1,5 million d’euros pour ses fautes dans la lutte contre le blanchiment
Julius Baer Wealth Management Monaco (JBWM) aurait préféré que cela reste sous les radars, mais sa requête en anonymat pour « préjudice disproportionné » n’a pas été retenue par la formation de jugement de l’Autorité Monégasque de Sécurité Financière (AMSF).
Conséquence, ce vendredi 4 septembre le Journal de Monaco révèle que la banque monégasque a été condamnée à une amende de 1,5 million d’euros* et la publication nominative de cette décision pour une durée de trois ans, pour de graves lacunes systémiques dans la lutte contre le blanchiment d’argent.
Une nouvelle démonstration de la volonté de l’État monégasque d’en finir avec des pratiques d’antan sur la place locale, ce à quelques jours d’une visite en Principauté des émissaires du Groupe d’action financière (Gafi) potentiellement décisive pour la sortie de Monaco de la liste grise.
« 44,1 % de clients disposant d’un profil de risque élevé ou très élevé »
« Au 30 septembre 2024, l’établissement détenait 908 comptes clients dont 91,2 % étaient déposés auprès de JULIUS BAER BANK (MONACO), 8,70 % auprès de JULIUS BAER BANK (SUISSE) et un unique compte auprès de la Banque X à Monaco. La clientèle était composée à 44,1 % de clients disposant d’un profil de risque élevé ou très élevé », souligne l’AMSF, dont le service de supervision a contrôlé l’établissement monégasque du 15 au 31 octobre de la même année. Année où le chiffre d’affaires déclaré de JBWM était de 26,3 millions d’euros.
Il est reproché à la société de s’être déchargée de contrôles essentiels (vigilance KYC relative à la connaissance du client, revues périodiques, filtrages) sans exercer de supervision effective. Le défaut d’identification de bénéficiaires effectifs dans des structures complexes et le manque de corroboration de l’origine du patrimoine de clients à haut risque ont ainsi été retenus.
Des délais inappropriés de signalement d’opérations douteuses sont également pointés du doigt. Une opération suspecte de 5 millions d’euros réalisée en 2019 a notamment été épinglée puisqu’une déclaration de soupçons n’a suivi qu’en 2024.
L’AMSF a par ailleurs profité de cette décision pour renvoyer un message clair : la société de gestion est seule responsable de la surveillance continue de ses comptes.
* Cette décision peut faire l’objet d’un recours devant le Tribunal de première instance dans un délai de deux mois