L'actrice, écrivaine et chanteuse Marina Vlady, prix d'interprétation au Festival de Cannes en 1963 pour "Le lit conjugal" est décédée ce jeudi à 88 ans. Elle est morte "chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux", selon sa famille.

Par Corinne Pelissier Publié le jeudi 24 septembre 2026 à 19:16

Longs cheveux blonds et visage à la Botticelli, Marina Vlady est née en 1938 à Clichy (Hauts-de-Seine) de parents émigrés russes. Sa mère, danseuse étoile et son père, chanteur d'opéra lui ont très tôt transmis le goût de la scène.

D'abord petit rat de l'Opéra de Paris, elle décroche son premier rôle au cinéma à l'âge de 10 ans, dans le film "Orage d'été" de Jean Gehret. Quelques années plus tard, elle joue dans "Avant le déluge" d'André Cayatte, qui lui vaut le prix Suzanne Bianchetti - récompense de l'actrice la plus prometteuse - à 16 ans.

Elle était la "Princesse de Clèves", mais pas que

Elle se marie ensuite avec Robert Hossein, qui l'aide à lancer sa carrière au milieu des années 1950 avec "Les salauds vont en enfer" ou encore "Pardonner nos offenses". Mais elle connaît un véritable succès avec ses rôles dans les adaptations des grands classiques de la littérature. Elle incarne la Princesse de Clèves de Madame Lafayette, réalisé par Jean Delanois. Elle joue également dans "Crime et châtiment" de Georges Lampin, tiré du livre de Dostoïevski.

En 1963, Marina Vlady reçoit le prix d'interprétation du Festival de Cannes pour "Le lit conjugal" de Marco Ferreri, qui marque le début de collaborations prestigieuses avec Orson Welles dans "Falstaff", Chris Marker, Bertrand Tavernier ou encore Jean-Luc Godard dans "Deux, trois choses que je sais d'elle".

Une vie artistique et militante bien remplie

Tout au long de sa carrière qui compte plus de 80 films, Marina Vlady a alterné entre des films d'auteurs, des productions plus commerciales, des pièces théâtre -souvent d'auteurs russes comme "Les trois sœurs" ou "La Cerise et de Tchekhov". Elle a même enregistré cinq albums avec ses sœurs, sous le nom de scène, "Les sœurs Poliakoff".

Sa vie a également marquée par le militantisme. "Marina Vlady était une femme généreuse qui a été engagée toute sa vie, depuis la guerre d'Algérie, le Manifeste des 343 puis les sans-papiers et le Droit au logement avec son dernier compagnon Léon Schwartzenberg", avec qui elle a créé le DAL, l'association pour le droit au logement, rappellent ses fils.