L'armée française s'allie à l'automobile pour produire 100 drones kamikazes par jour
Publié le 16 octobre 2026 à 19:15 par Sirius
Face aux nouveaux enjeux des conflits modernes, l'armée française a confié à l'équipementier automobile Schaeffler l'assemblage de ses drones kamikazes MX-10 Damocles. Grâce à ce partenariat stratégique, la capacité de production passera de 10 à 100 unités par jour dès novembre, illustrant une nouvelle synergie entre les industries civile et militaire pour renforcer la souveraineté européenne.
L'armée française accélère considérablement sa capacité de production de munitions téléopérées. En s'associant avec l'équipementier allemand Schaeffler, un acteur majeur de l'industrie automobile, la France va multiplier par dix ses cadences de fabrication. Cette alliance, orchestrée par la Direction générale de l'armement (DGA), vise à produire en masse les drones MX-10 Damocles, développés par le français Delair et le groupe franco-allemand KNDS.
Pourquoi l'expertise de l'automobile est-elle devenue cruciale pour la défense ?
Le besoin de s'adapter aux nouveaux conflits est au cœur de cette décision. Les théâtres d'opérations modernes exigent une quantité massive de matériel à moindre coût, un défi pour le secteur de la défense classique. L'expertise de l'automobile dans la production en grande série, l'optimisation des chaînes d'approvisionnement et la maîtrise des coûts devient donc un atout stratégique majeur.
Le MX-10 Damocles
Ce modèle industriel n'est pas une initiative isolée. Il se déploie également en Allemagne et aux États-Unis, signe d'une transformation profonde. Schaeffler, grâce à un accord signé en juin avec Delair et soutenu par la DGA, va implanter une ligne de production dédiée dans une de ses usines françaises, dont la localisation reste pour l'heure confidentielle. L'objectif est clair : atteindre 100 unités par jour dès le mois de novembre.
Quelles sont les caractéristiques du drone MX-10 Damocles ?
Le MX-10 Damocles est ce qu'on appelle une munition téléopérée, ou MTO, plus connue sous le nom de drone kamikaze. Conçu par le français Delair pour le vecteur aérien et le groupe franco-allemand KNDS pour la tête militaire, il se présente comme un petit drone d'attaque avec un rayon d'action de 10 kilomètres.
Sa mission principale est de neutraliser des cibles précises comme des blindés légers ou de petites embarcations militaires, grâce à une charge explosive de 500 grammes. L'un des points forts de ces drones est leur capacité à opérer dans des environnements où les signaux GPS et les liaisons radio sont brouillés. De plus, sa conception permet des mises à jour logicielles régulières pour garantir son efficacité face aux contre-mesures adverses.
Quels autres géants de l'automobile rejoignent cet effort de guerre ?
L'implication de Schaeffler n'est que la partie émergée de l'iceberg. D'autres acteurs majeurs du secteur automobile français s'engagent. Renault, via des partenariats avec Turgis Gaillard et Thales, attend des commandes de la DGA pour lancer la fabrication en série des drones Chorus et Toutatis, potentiellement sur ses sites du Mans et un autre encore à déterminer. C'est une synergie industrielle inédite.
Les équipementiers suivent le mouvement. Valeo s'apprête à fournir des moteurs électriques dès début 2027 pour les appareils de la start-up Harmattan AI. De son côté, Forvia vise une capacité de 1 000 intercepteurs par mois pour le compte de MBDA et Alta Ares, avec une production répartie entre la France et l'Allemagne. Cet élan collectif vise à bâtir une industrie de défense européenne résiliente.
Journaliste GNT en direct d'Alpha Canis Majoris
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