Manifestations, blocages, Gilets jaunes : à quoi s’attendre pour la mobilisation du 17 octobre ?
Dans la foulée des manifestations des lycées ces dernières semaines, une grande journée de mobilisation est annoncée en France, ce samedi. Voici ce à quoi il faut s’attendre.
Qui va manifester ?
Selon les estimations des autorités, entre 70 000 et 140 000 personnes sont attendues dans les rues, principalement pour dénoncer la vie chère. Parmi les personnes mobilisées, on retrouvera des groupes hétéroclites : les lycéens, les Gilets jaunes, les syndicats, les défenseurs du climat, les agriculteurs, les chauffeurs de VTC…
Depuis des semaines, des appels à ressortir le 17 octobre les gilets jaunes emblématiques des années 2018-2019 circulaient sur les réseaux sociaux, et ont repris de la force avec le mouvement lycéen. Ils ont appelé à mener un millier d’actions liées au pouvoir d’achat et au prix du carburant.
Les lycéens et étudiants devraient être présents en force. De lycées et universités étaient toujours fermés vendredi, malgré un essoufflement des blocages, notamment à Lyon, Saint-Denis, Toulouse… À Lille, comme depuis deux semaines environ, l’accès à Sciences Po était bloqué par une trentaine d’étudiants, qui avaient entassé des bacs de poubelles devant l’entrée.
Au niveau des syndicats, la CGT a appelé à se mobiliser, tandis que la CFDT et FO attendent le 5 novembre pour manifester sur les salaires et les services publics. Côté agriculteurs, la FNSEA et la Coordination rurale ne participeront pas, mais la Confédération paysanne a invité ses adhérents à manifester. Des tracteurs et des paysans devraient rejoindre plusieurs cortèges.
Par ailleurs, vendredi, le site des Républicains a été piraté et a diffusé un appel à manifester. L’entourage du patron du parti, Bruno Retailleau, va porter plainte.
Quelles actions sont prévues ?
Environ 500 actions sont « envisagées » et plus de 90 manifestations sont « en cours de structuration » à ce stade, a indiqué le ministère de l’Intérieur. Outre les manifestations dans les grandes villes, on peut s’attendre à des rassemblements sur les ronds-points et des blocages de stations-service. Des péages pourraient être bloqués, notamment autour de Dijon et de Nîmes. L’incertitude règne sur la tenue réelle de ces actions.
À Paris, où 40 000 personnes sont attendues, le parcours de la manifestation n’était pas encore déterminé vendredi, faute d’accord entre le préfet de police et les représentants des organisateurs. S’il est certain que le cortège partira de la place de la Bastille, à 14 heures, la préfecture refuse une arrivée dans le centre de Paris, à Opéra ou Concorde. Elle propose comme parcours alternatif de la place de la Bastille à la place de Clichy.
Dans le Nord et le Pas-de-Calais, une manifestation partira à Lille à 14 h 30 depuis la Porte de Paris. À Arras, les Gilets jaunes prévoient deux manifestations, l’une au beffroi à 11 heures, l’autre place Foch à 14 heures. Un cortège de motards a été déclaré au départ de Sainte-Catherine. Du côté de Bailleul, les Gilets jaunes sont attendus dès 9 heures dans la zone commerciale de Decathlon.
Quel sera le dispositif de sécurité ?
Laurent Nuñez a demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu de convoquer une cellule interministérielle de crise. Les grenades assourdissantes pourront être utilisées en cas de « violences urbaines extrêmement graves ». Leur usage avait été suspendu lorsqu’un lycéen de Auguste-Béal à Lens avait eu la main arrachée, le 5 octobre. Une enquête a été confiée à l’IGPN sur ces faits. Deux autres plaintes ont été déposées en France pour des blessures au visage et à l’œil.
Selon le ministère de l’Intérieur, « des débordements sont anticipés, dans les cortèges notamment parisiens et dans les grandes villes, que la mouvance d’ultragauche constituée en bloc cherchera probablement à faire dégénérer par des actions habituelles de prise à partie des forces de l’ordre et de tentatives d’exactions sur les parcours. Les actions de blocages sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels ne seront pas tolérées ».