« L’Europe finance bien des actions en faveur de la préservation de l’environnement, mais a un mode de fonctionnement très complexe »
Patrick Thiery, président de Picardie Nature, structure qui œuvre notamment à la préservation de la biodiversité et de la faune, loue le soutien de l’Europe dans la protection de l’environnement tout en regrettant les lourdeurs administratives.
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« Picardie Nature, qui œuvre à la préservation de la biodiversité, à la protection des espèces et milieux menacés et qui contribue à l’éducation de la protection de la nature en Picardie, perçoit des fonds européens pour son action, via la Région Hauts-deFrance, depuis près de quinze ans. Nous recevons essentiellement des fonds Feder (Ndlr : Fonds européen de développement régional). Cela contribue au financement de notre activité qui nécessite un budget de 1,5 million d’euros. Nous avons 25 salariés et de nombreux projets à financer. L’utilisation de ces fonds est très contrôlée par la Région, qui doit elle-même rendre des comptes à l’Europe en cas de vérification au niveau européen. Il faut tout justifier à l’euro près pour toutes nos actions avant qu’elles soient mises en œuvre. C’est normal, mais c’est d’une grande complexité.
Ce fonctionnement nous oblige à avancer le montant des fonds même si la Région a validé et signé la convention. C’est un casse-tête pour nous et pour la Région, car nous devons financer quatre années de trésorerie avant de percevoir ces fonds. Nous avons donc une autorisation de découvert auprès de notre banque qui nous fait une avance dès lors qu’on lui présente la convention signée avec la Région. Nous vivons à crédit. Au final, l’Europe finance bien des actions en faveur de la préservation de l’environnement, mais a un mode de fonctionnement très complexe.
Sur la question de la réglementation européenne, nous redoutons une régression du droit de l’environnement comme c’est déjà le cas avec le droit français avec la loi Duplomb. Les députés européens sont comme les autres politiques, ils subissent des pressions des lobbyings. Il y a également des problèmes d’égalité en Europe avec des produits phytosanitaires autorisés en Espagne et pas en France, ce qui engendre des distorsions de concurrence. Il y a des bons et mauvais côtés de l’Europe en matière de politique environnementale. »
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