20 Minutes avec AFP

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Publié le 27/08/2026 à 07h35 • Mis à jour le 27/08/2026 à 07h40

C’est la commune qui a été la plus touchée par le terrible incendie qui a dévasté la Gironde en juillet. Face à l’ampleur des destructions, les habitants du Porge ne décolèrent pas. Ils ont eu l’occasion de l’exprimer mercredi soir lors d’une réunion publique en présence de la préfète du département Sophie Brocas, de responsables des pompiers et de la gendarmerie et du maire de la commune Martial Zaninetti.

Rapidement, Sophie Brocas s’est retrouvée sous le feu des questions – et des critiques –, après avoir détaillé le déroulé des opérations des sapeurs-pompiers, au moment du déclenchement du feu, le 22 juillet, à 12 heures dans la commune voisine de Saumos.

Incompréhension mêlée à la colère

« Comment ce feu a-t-il pris de telles proportions ? », « Pourquoi cette stratégie ? », « Pourquoi n’avons-nous pas eu de message FR-Alert pour évacuer sur nos téléphones ? », l’ont interpellé quelques-unes des 500 personnes rassemblées dans la salle des fêtes surchauffée.

« Vous nous dites que vous avez fait au mieux, mais est-ce que vous cherchez des manquements ? », lui a-t-on encore lancé, avec cette idée résumée par Nelly (qui n’a pas donné son nom), 58 ans, qu’il y a eu des « erreurs dans le travail des pompiers, qui n’étaient pas non plus assez nombreux ».

Le patron du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) 33, Marc Vermeulen, a aussi été particulièrement pris à partie. « Est-ce que vous avez été débordés, oui ou non ? »

Des propos jugés « injustes »

De nombreux volontaires de l’association DFCI (Défense des forêts contre l’incendie) ont demandé pourquoi leur parole « n’a pas été prise en compte », alors que « nous connaissons le terrain ». « Le feu brûlerait encore si on n’avait pas été là », a dit l’un d’eux, la voix étranglée. « Ce feu n’aurait pas dû prendre une telle ampleur, il aurait dû être maîtrisé dans la demi-heure qui suivait, j’y étais au départ », témoigne Alain Blanc, 75 ans, volontaire de la DFCI et habitant « très en colère » du Porge.

« J’ai du mal à entendre dire que les sapeurs-pompiers de Gironde sont incompétents », a répondu Sophie Brocas, au milieu des invectives et des « Démission » criés dans la foule. « On savait qu’il y avait de la colère et il faut qu’on l’entende, mais il y a eu des propos injustes », a commenté la représentante de l’Etat à l’issue des trois heures et demie de réunion houleuse, rappelant que le mégafeu n’avait coûté aucune vie humaine et que « 90 % des habitations ont été sauvées ».

Le Porge, bourg de 3.500 habitants, est le village qui a perdu le plus d’habitations – plus de 180 sur un total de 250 – dans l’incendie qui a parcouru 42.000 hectares, du jamais vu depuis 1949 en France.