Etats-Unis : l'exécution d'une femme échoue dans le Tennessee
L'exécution prévue mercredi soir d'une femme dans l'Etat américain du Tennessee "a échoué", ont annoncé ses avocats. La condamnée a été transportée dans un hôpital voisin pour y être soignée.
Dans un communiqué, ces avocats ont fait état de "difficulté d'accès aux veines, veines rompues, pentobarbital dégradé, absence de soins médicaux d'urgence". Des témoins de l'exécution cités par les médias américains avaient auparavant affirmé que la condamnée, Christa Pike, avait continué à respirer et à ronfler après avoir reçu l'injection létale.
Une cour d'appel fédérale avait suspendu dans la matinée son exécution dans une brève décision rendue environ une heure avant l'horaire prévu pour sa mise à mort, à 10H00 locales à Nashville.
La cour d'appel avait accordé un "court sursis" à Christa Pike, d'une durée non précisée, pour se donner le temps de trancher sur la recevabilité d'un recours de la défense visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance. Des violences que l'Etat du Tennessee a reconnues pour la première fois lors d'une audience en août, sans pour autant changer sa position.
Décision de dernière minute
Mais la Cour suprême des Etats-Unis à majorité conservatrice, saisie en urgence par le Tennessee, a annulé ce sursis en fin de journée, contre l'avis des trois juges progressistes (sur neuf), autorisant l'Etat à exécuter la condamnée.
Le gouverneur républicain du Tennessee (sud), Bill Lee, avait rejeté lundi les demandes de commutation de peine de Christa Pike malgré les appels de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International. La Cour suprême avait déjà rejeté mardi son ultime demande de sursis.
La dernière exécution d'une femme aux Etats-Unis remonte à celle, en 2023 dans le Missouri (centre), d'Amber McLaughlin, qui était également la première femme transgenre à être exécutée dans le pays.
Rares exécutions de femmes
Au total, 18 femmes ont été exécutées aux Etats-Unis depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, soit à peine plus de 1% des exécutions, selon l'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC).
Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, alors qu'elle-même était âgée de 18 ans, dans une affaire de rivalité amoureuse.
Ses deux complices également adolescents, son petit ami de l'époque, âgé de 17 ans, et une autre jeune fille de 18 ans, ont échappé à la peine de mort. Le premier a été condamné à perpétuité et la seconde à une peine avec sursis en échange de son témoignage contre les deux autres.
agences/asch