20 Minutes avec AFP

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Publié le 01/10/2026 à 07h54 • Mis à jour le 01/10/2026 à 07h54

La pire année après 2022. Les glaciers suisses sont en danger et fondent inexorablement, alerte une étude parue ce jeudi. Selon les données du Réseau des relevés glaciologiques suisse (Glamos), les glaciers suisses ont encore perdu 5,5 % de leur volume cette année après avoir connu l’été le plus chaud jamais enregistré et un hiver pauvre en neige.

Perché sur le glacier du Scex Rouge, à près de 3.000 mètres d’altitude, Matthias Huss, responsable de Glamos, contemple avec tristesse le paysage qui l’entoure : « Ce glacier est en train de disparaître. […] Il pourrait ne plus rester de glace d’ici dix à quinze ans. » Il retire alors la longue tige d’aluminium de quatre mètres installée par Glamos au milieu du glacier. Fin juillet, elle affleurait à peine à la surface de la glace. Aujourd’hui, elle en dépasse de plus de trois mètres. « Nous ne sommes pas surpris car nous savons à quelle vitesse les glaciers fondent. Mais voir ces montagnes sans neige, avec leurs rochers et ces glaciers sombres, vestiges d’un autre temps, c’est vraiment quelque chose », commente le glaciologue.

La Suisse particulièrement touchée par le réchauffement climatique

Entre 2022 et 2026, les glaciers suisses ont fondu à un rythme plus de deux fois supérieur à celui observé lors de toute autre période de cinq ans jusqu’ici, entraînant une perte de près de 20 % de leur volume depuis 2021. Leur fonte s’accélère : 10 % du volume de glace ont disparu dans les années 1990, contre 27 % au cours de la décennie 2016-2026, selon des mesures réalisées sur une vingtaine de glaciers, extrapolées à l’ensemble des près de 1.300 formations glaciaires que compte encore la Suisse.

Le réchauffement du pays est d’ailleurs deux fois plus important que la moyenne mondiale, selon MétéoSuisse. Les mois de juin à août ont été les plus chauds jamais enregistrés en Suisse depuis le début des mesures en 1864. Ils ont détrôné l’été caniculaire de 2003, qui détenait jusqu’alors le record. « L’été futur dans un monde à + 3 degrés serait environ + 3,6°C plus chaud que la période de référence 1991-2020. Au cours de l’été 2026, l’écart s’est élevé à + 3,4°C », indique MétéoSuisse, qui estime que « dans un monde à 3 degrés, l’été 2026 serait dans la moyenne. »