Favori de la primaire à gauche, Raphaël Glucksmann doit convaincre au-delà du PS. Contesté par ses rivaux et opposé à tout rapprochement avec LFI, il devra élargir son audience, notamment auprès des classes populaires.

Benoît Gaudibert -

Hier à 20:50

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Raphaël Glucksmann  accusé de ne « pas être assez de gauche » et de trop pencher vers le centre. Photo Sipa

Raphaël Glucksmann  accusé de ne « pas être assez de gauche » et de trop pencher vers le centre. Photo Sipa

La position de favori n’est pas la plus confortable. Elle fait de vous l’homme à abattre. Raphaël Glucksmann, qui a la faveur des pronostics dans la primaire à gauche, l’a appris à ses dépens. Le candidat à la présidentielle 2027 de Place Publique a été particulièrement ciblé par ses adversaires socialistes lors des débats ayant précédé le scrutin. 140 000 personnes se sont inscrites pour participer au premier tour, vendredi et samedi. 

En cas d’échec, Raphaël Glucksmann ne pourra s’en vouloir qu’à lui-même de s’être engagé dans cette compétition à laquelle, à l’origine, il ne croyait pas. Le député européen a fini par s’y résoudre, faisant le constat qu’il lui serait impossible de briguer l’Élysée sans l’appui de l’appareil et des finances socialistes. Un succès ne lui garantirait pas pour autant le soutien sans faille du PS, où tout le monde ne voit pas d’un bon œil la perspective d’être représenté par ce quadra non encarté, accusé de ne « pas être assez de gauche » et de trop pencher vers le centre.

Incarner une vision

De fait, Raphaël Glucksmann s’est clairement positionné comme hostile à tout rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon. S’il est désigné, il ne pourra toutefois pas se contenter de disserter sur l’Europe et l’Ukraine et de ferrailler avec les Insoumis. Pour espérer élargir son audience, il lui faudra muscler son jeu et se montrer capable de parler aux classes populaires, qui ont depuis longtemps tourné le dos à la social-démocratie et succombé aux sirènes des extrêmes.

Le constat vaut aussi pour les autres candidats à la primaire, à l’instar d’Olivier Faure ou de Ségolène Royal. Au-delà des personnalités plus ou moins clivantes de chacun, c’est leur incapacité à incarner une vision, des idées susceptibles de rassembler plus largement que leur cercle d’apparatchiks et de fidèles qui désespère tous ceux qui, au sein de leur camp, refusent de voir la gauche définitivement confisquée par LFI.

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