L'Union européenne va suspendre ses importations de viande du Brésil
L'Union européenne va suspendre à partir de jeudi les importations de volaille et de bœuf brésiliens, a indiqué lundi 31 août Bruxelles, qui attend des garanties du Brésil sur le respect de ses règles sanitaires.
À ce stade, la Commission européenne reproche au Brésil de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l'utilisation abusive d'antibiotiques dans l'élevage.
"Le Brésil est un partenaire important de l'UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d'assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l'UE pourront reprendre", a précisé une porte-parole de l'exécutif européen à l'AFP lundi soir.
La suspension des importations brésiliennes concerne aussi les œufs et le miel. Bruxelles n'a pas souhaité donner de calendrier pour la reprise des importations.
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Sollicité par l'AFP, le gouvernement brésilien n'a pas commenté l'annonce dans l'immédiat, bien qu'il ait fait valoir en mai qu'il "prendrait rapidement" toutes les mesures nécessaires pour que le commerce reprenne. Concernant la volaille et le miel, un audit est en cours et doit s'achever vendredi. S'il s'avérait concluant et que les pays européens donnent leur feu vert, les exportations de volaille brésilienne vers l'UE pourraient de nouveau être autorisées dans les semaines qui viennent.
Accord de libre-échange avec le Mercosur
Les délais pourraient en revanche être plus longs pour le bœuf. "En raison de la durée des cycles de production selon les espèces animales concernées, la date à partir de laquelle le Brésil pourrait être en mesure de certifier sa conformité aux exigences de l'UE varie selon les filières", précise ainsi la Commission européenne.
L'UE veut donner des gages de sa vigilance, alors qu'elle a été vivement critiquée par le secteur agricole et la France après avoir signé en janvier 2026 un accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur : Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay.
Le Brésil a été retiré en mai d'une liste de pays respectant les règles de l'UE relatives à l'utilisation intensive d'antibiotiques dans l'élevage, sous la pression de ce secteur après la signature de cet accord. En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur vers l'UE de viande bovine, avec plus de 92 000 tonnes de produits bovins, représentant plus de 713 millions d'euros.
Les antimicrobiens dans le viseur
"Un éleveur européen n'a aucun moyen de rivaliser avec moi" et si les gouvernements "importent de la viande bon marché, ils vont anéantir l'agriculture de leur pays", a déclaré à l'AFP Carlos Roberto dos Santos, un éleveur de Barretos, dans l'État de São Paulo (sud-est). Le produit qu'il utilise pour ses bêtes les "aide à digérer l'herbe" pour qu'elles prennent "plus de poids, il ne sert pas à traiter une maladie", admet-il.
Selon les règles européennes, l'utilisation d'antimicrobiens en élevage dans le but de favoriser la croissance ou d'augmenter les rendements est interdite. Les animaux ne peuvent pas non plus être traités avec des antimicrobiens réservés aux infections humaines. Ces mesures font partie d'une politique européenne visant à lutter contre la résistance des microbes aux médicaments, en évitant les recours inutiles aux traitements antibiotiques.
Le monde a connu une explosion du nombre d'infections résistantes aux médicaments ces dernières années. D'après l'Organisation mondiale de la Santé, les superbactéries résistantes aux antimicrobiens (RAM) sont directement responsables de plus d'un million de décès et contribuent à près de cinq millions de morts supplémentaires chaque année.
Avec AFP