La colère de la grand-mère de Tyméo: “Ils sont arrivés trop tard”
“Tout dans notre maison me fait penser à lui. Ses jouets, ses vêtements, ses chaussures, ses dessins, ses photos. Tout me rappelle Tyméo.” Rocxanne Walbrecq, la grand-mère maternelle de Tyméo, a appris lundi que le corps sans vie de son petit-fils avait probablement été retrouvé. “Qui fait une chose pareille? Qui s’en prend à un enfant?”, implore-t-elle aujourd’hui, interrogée par nos collègues de Het Laatste Nieuws.
Islinde Teurelincx
25 août 2026, 20:25Dernière mise à jour: 20:38
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Pendant près de deux mois, Rocxanne Walbrecq a attendu, fébrile, des nouvelles de son petit-fils de cinq ans, Tyméo. Le garçonnet a disparu le 27 juin avec son père, Bryan Brigou, 29 ans.
Hier, lundi, le corps d’un enfant a été retrouvé le long de la N97 à Onhaye. Les résultats de l’autopsie - prévue ce mardi soir - ne sont pas encore connus, mais selon le parquet, tout porte à croire qu’il s’agit bien du petit garçon.
“Nous allons enfin pouvoir lui offrir des funérailles et dignement faire notre deuil”, confie la grand-mère de Tyméo à HLN. “Nous avons vécu pendant deux mois dans l’incertitude et la confusion. C’est désormais terminé. Mais la douleur, elle, reste”, dit-elle encore, craignant de devoir encore vivre des moments très difficiles.
Rocxanne essaie de rester forte et certains lui reprocheraient de ne pas pleurer en public, “mais les gens ne savent pas à quel point mes yeux me font mal, parce que je pleure toutes les larmes de mon corps la nuit”. Un instant plus tard, sa voix flanche, les larmes finissent par couler. Elle présente ses excuses: “J’essaie de rester forte, mais c’est parfois très difficile.”
“J’ai l’impression d’avoir perdu un fils”
Chez elle, Tyméo est partout. “La veille de sa disparition, il était encore chez nous. Tout dans notre maison me fait penser à lui. Ses jouets, ses vêtements, ses chaussures, ses dessins, ses photos. Tout me rappelle Tyméo.”
Le lien entre Rocxanne et son petit-fils était très fort. “Je l’ai élevé la majeure partie de sa vie. Nous l’emmenions à l’école, nous allions le chercher, il dormait à la maison.”
Elle refoule ses larmes en essayant d’expliquer ce que Tyméo représentait pour elle. “Tyméo était comme un deuxième fils pour moi, j’ai l’impression d’avoir perdu un fils. C’était un petit garçon charmant, si doux. Toujours joyeux, plein de vie. Et maintenant, il a disparu. Qui fait une chose pareille? Qui s’en prend à un enfant? Il n’a jamais rien fait de mal.”
En deuil, cette grand-mère est également en colère contre les services d’intervention. “Ils sont arrivés trop tard. Ils ont cherché pendant quatre semaines avec des chiens, mais c’étaient des chiens qui cherchaient des traces de personnes vivantes. Il aurait fallu déployer des chiens capables de détecter des cadavres. Nous n’aurions pas eu à vivre dans cette incertitude pendant deux mois.”
Au moment de sa disparition, Bryan Brigou, le père de Tyméo, portait un bracelet électronique. Les enquêteurs n’ont pourtant pas pu le localiser. L’appareil n’était pas équipé d’un traceur GPS et vérifiait seulement sa présence à son domicile aux heures prévues. “Ils auraient dû intervenir lorsqu’ils ont réalisé qu’il n’était pas chez lui au moment où il devait y être. Nous aurions gagné 24 heures”, affirme-t-elle.
Elle s’est également sentie insuffisamment soutenue lors des recherches. “La police ne nous donnait presque jamais d’informations. Quand je suis arrivée hier, ils ne voulaient même rien me dire au début. Ce n’est qu’après que j’ai appris que c’était probablement Tyméo qui avait été retrouvé”, s’étonne encore sa grand-mère, qui dit n’avoir reçu aucune aide psychologique.
Pour rappel, un deuxième corps a été découvert de l’autre côté de la N97, à courte distance du lieu où le corps de Tyméo a été retrouvé hier. Il s’agit vraisemblablement de Bryan Brigou, le père de Tyméo, a indiqué le parquet. Le corps devait également être autopsié ce mardi soir.
“Il aurait dû protéger Tyméo”
Rocxanne souhaite revenir sur ses déclarations effectuées après cette découverte. Elle réfute ainsi s’être réjouie de la mort de Bryan et évoque des propos “mal rapportés dans les médias”.
“J’ai parlé sous le coup de la colère et de l’émotion. Ce que je voulais dire, c’est que je ne pourrais pas accepter que mon petit-fils soit mort et pas Bryan”, explique-t-elle, avant d’ajouter: “Je suis en colère contre lui. Il aurait dû protéger Tyméo.”