La Coupe du monde bientôt vendue à des investisseurs privés ? Le projet fou de Gianni Infantino
Gianni Infantino veut céder des parts de la Coupe du monde de football à des investisseurs privés.
© Zuma/ABACA
Le président de la Fifa souhaite transformer l’instance en société commerciale afin d’en vendre des parts à des entreprises privées. Un plan qui a fait vivement réagir l’UEFA.
Vers un Mondial détenu par des entreprises privées ? Ce mardi 28 juillet, « The Times » révèle que Gianni Infantino, le président de la Fifa, envisage de vendre des parts de la Coupe du monde de football à des investisseurs privés. Ce projet pourrait lui rapporter personnellement des dizaines de millions de dollars.
Le plan du dirigeant de l’instance internationale de football prévoit la création d’une société chargée de contrôler les principales compétitions masculines et féminines de la Fifa, comprenant le Mondial et la Coupe du monde des clubs. L’idée serait de permettre d’élargir ces tournois ou de les organiser de manière plus fréquente qu’une fois tous les quatre ans.
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Deux sources du « Times » indiquent que des personnalités proches de l’administration Trump ont été consultées sur ce projet. La Fifa a confirmé au média britannique que Thrive Capital, le fonds de Joshua Kushner, devrait prendre la tête du groupe d’investisseurs pressenti, et que JP Morgan est le conseiller financier de la Fifa pour ce dossier.
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Une participation estimée à environ 20 millions de dollars
Ainsi, chacune des 211 associations membres de la Fifa se verrait attribuer une participation, d’une valeur estimée à environ 20 millions de dollars qu’elles pourraient conserver ou revendre pour générer des revenus. Gianni Infantino serait ainsi pressenti pour diriger cette société en tant que commissaire à l’issue de son dernier mandat. Il doit être réélu sans opposition jusqu’en 2031.
Contactée par « The Times », la Fifa a répondu être « toujours à la recherche de projets innovants susceptibles de favoriser le développement du football dans le monde » et être « prête à examiner les propositions qui lui sont soumises ». « La priorité est désormais de libérer le potentiel commercial et les opportunités dont dispose la Fifa après le succès de la Coupe du monde 2026 », a ajouté la Fifa, qui a rappelé que les décisions seront prises « de manière démocratique » et que le projet sera soumis aux associations membres de la Fifa.
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« Aucun d’entre nous n’est propriétaire du football »
Ces réformes ne plaisent pas pour autant à l’UEFA, l’instance européenne de football, qui tire la sonnette d’alarme dans un communiqué. « L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à monnayer, surtout dans une totale opacité quant aux bénéficiaires financiers », a déclaré l’association dirigée par Aleksander Čeferin. Et d’ajouter : « Aucun d’entre nous n’est propriétaire du football. Ce n’est pas à la Fifa de le vendre. »
Si le nouveau projet venait à se concrétiser, des inquiétudes subsistent quant aux pressions que des investisseurs privés pourraient exercer pour que la Coupe du monde soit organisée dans des pays où le succès commercial peut être maximisé. Des craintes existent également quant au fait que la Coupe du monde des clubs soit accueillie dans le Golfe afin d’en augmenter les recettes. Ce scénario impliquerait d’interrompre les championnats nationaux européens, comme lors du Mondial 2022 au Qatar. À voir comment ce projet va se dessiner et être accueilli par les 211 membres de la Fifa.
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