La Cour suprême américaine a autorisé lundi Donald Trump à poursuivre les travaux de la salle de bal monumentale qu'il souhaite à la Maison-Blanche, le président américain célébrant cette décision qui lève, selon lui, la dernière menace contre son projet.

Par cinq voix contre quatre, la Cour à majorité conservatrice a suspendu de manière définitive l'appel qui avait bloqué le chantier, le temps d'examiner les arguments des deux parties.

La plus haute juridiction des États-Unis a estimé que le gouvernement avait de bonnes chances d'obtenir l'annulation du recours du National Trust for Historic Preservation (NTHP) contre ce chantier.

Cependant, l'arrêt ne se prononce pas sur le fond de l'affaire.

Le recours déposé par le NTHP contre le projet du milliardaire républicain devra encore être jugé par les cours inférieures : un processus qui pourrait prendre plusieurs mois, voire des années.

Aujourd'hui, nous ne nous prononçons pas sur la légalité du projet du gouvernement pour l'aile Est. Nous concluons seulement que, sur la base des arguments qui nous sont soumis, le gouvernement parviendra probablement à démontrer que le Trust n'a pas d'intérêt à agir pour contester ce projet devant la justice fédérale, peut-on lire dans la décision.

L'intérêt à agir, condition pour engager une action en justice, exige du plaignant de démontrer qu'il subit un préjudice direct.

Responsable temporaire

Je suis heureux d'annoncer que la Cour suprême des États-Unis vient de statuer en faveur de la construction de la salle de bal/complexe militaire sans aucune autre réserve, incertitude ou menace, a soutenu, sur son réseau Truth Social, le président américain, qui pourra donc poursuivre les travaux en attendant que l'affaire soit jugée au fond.

Les travaux de démolition se poursuivent dans une partie de l'aile Est de la Maison-Blanche, à Washington.

Les travaux de démolition se poursuivent dans une partie de l'aile Est de la Maison-Blanche, à Washington.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Dans un communiqué à l'AFP, le NTHP s'est dit profondément déçu par la décision de la Cour suprême, tout en rappelant qu'elle ne s'était pas prononcée sur leur argument fondamental : chaque président n'est qu'un responsable temporaire de la Maison du peuple et n'a pas autorité unilatérale pour la détruire et la transformer sans l'approbation du Congrès.

En avril, un tribunal fédéral avait ordonné l'arrêt des travaux de la salle de réception, tout en autorisant la poursuite de la construction d'un bunker souterrain.

Le 7 août, une cour d'appel avait confirmé cette décision, estimant que de tels travaux à la Maison-Blanche nécessitaient l'accord explicite du Congrès.

En octobre 2025, Donald Trump a fait détruire au bulldozer une aile entière de la Maison-Blanche pour construire une salle de bal censée accueillir jusqu'à 1000 personnes, pour des réceptions diverses et des dîners en l'honneur de dignitaires étrangers.

Le président républicain a affirmé que la salle de bal serait financée par des fonds privés, mais, selon les médias américains, le coût de ce projet, qui pourrait atteindre 600 millions de dollars américains, reposerait en grande partie sur les contribuables.

Le NTHP, un organisme à but non lucratif mandaté par le Congrès pour la préservation des bâtiments historiques, accuse l'administration Trump de ne pas avoir respecté les exigences légales en matière d'enquête publique ni obtenu l'autorisation du Congrès pour ce projet.

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