La fatigue de Pogacar, des Belges fâchés et la fournaise : les 5 faits marquants de la 1re semaine du Tour observés depuis les coulisses - RTBF Actus
1. Tadej Pogacar marqué et fatigué à Gavarnie-Gèdre

Tadej Pogacar a marqué cette première semaine du Tour de France de son empreinte. Après une défaite dans le chrono par équipes d’ouverture et une offrande à son coéquipier Isaac Del Toro, le Slovène a très vite mis les choses au clair. Un sprint en côte victorieux dans la station des Angles et un succès en surclassement à Gavarnie-Gèdre, dans la première véritable étape de montagne.
En imposant un rythme effréné dans le Tourmalet, il a asphyxié ses adversaires, incapables de répondre à son accélération. Pogacar a creusé des écarts très importants et assommé le Tour au prix d’un effort qui était, cette fois, bien visible. Lors de ses précédentes victoires sur le Tour, le Champion du monde dégageait une image de facilité déconcertante. Il franchissait la ligne, tout frais, tout sourire, loin d’être exténué. Mais pas cette fois.
À Gavarnie-Gèdre, Pogi a rejoint ses soigneurs et s’est couché sur son vélo pour récupérer et retrouver sa respiration. Il s’est ensuite aspergé avec de l’eau et a présenté un visage très marqué par l’effort et la fatigue. Lui aussi souffre sur le vélo.
2. Des leaders belges de mauvais poil

Restons encore un peu à Gavarnie-Gèdre où Remco Evenepoel a accumulé beaucoup de frustrations. Déçu par la collaboration dans le groupe qui chassait derrière Pogacar et Vingegaard, le coureur de la Red Bull-BORA-hansgrohe a exprimé son mécontentement, en course, devant les caméras. À l’arrivée, l’agacement s’est même transformé en colère. Son coéquipier Florian Lipowitz aurait refusé de l’emmener pour le sprint final. Remco n'a pas digéré et quand il a passé la ligne, il a surtout évité Lipowitz. Son soigneur a alors pris la frustration du coureur de plein fouet.
Le soir de cette étape, des discussions ont eu lieu au sein de l’équipe. Depuis, tout serait apaisé et Remco a logiquement indiqué que le fond des discussions resterait en interne. Ces derniers jours, Evenepoel a donc retrouvé le sourire et va maintenant se concentrer sur la suite de son Tour de France avec toujours le podium en tête. Reste à voir comment les deux leaders de l’équipe vont collaborer car Lipowitz a, lui aussi, cet objectif en tête.
Autre pic de frustration chez Alpecin-Premier Tech où Jasper Philipsen ne trouve (pour l’instant) pas la bonne formule dans les sprints. Gêné par la chute à Pau, panne de jambes à Bordeaux et un nouvel échec à Bergerac, Philipsen s’agace. Samedi, il en a perdu son sang-froid au moment de rejoindre le bus de son équipe.
Heureusement pour la formation belge, Mathieu Van der Poel a remporté hier la 9ème étape, juste avant la journée de repos. De quoi faire retomber la pression et installer une ambiance un peu plus paisible dans l’équipe.
3. La vaine lutte du peloton contre la chaleur

Depuis le départ à Barcelone, les températures montent sur la route du Tour de France. Une accumulation qui pèse sur les organismes des coureurs. La chaleur est l’un des marronniers de cette course. Le sujet revient sur la table chaque année. En partant de l’Espagne et en poursuivant par le sud de la France, il est finalement assez logique d’être confronté à de fortes températures en plein mois de juillet. Mais, encore une fois, l’accumulation ne laisse aucun répit.
Pour essayer de lutter, en course, on s’asperge d’eau et on place des glaçons dans la nuque. Une fois la ligne franchie, le spectacle est assez saisissant. Les leaders se ruent dans des camions ou des vans pour s'immerger un bref instant dans un bain glacé. Après sa victoire au sprint à Bergerac, Tim Merlier a lui foncé tout droit à l’intérieur de la salle de presse pour ingurgiter au plus vite une grande bouteille d’eau.
Sur une étape, les coureurs boivent jusqu'à 10 litres d'eau. Ce qui n'empêche pas pour autant des pertes de poids soudaines et très importantes. Dans le cyclisme moderne, les participants du Tour de France passent sur la balance avant et après les étapes. Des pesées très utiles pour les nutritionnistes des équipes. Chez Alpecin, Jonas Rickaert a, par exemple, avoué avoir perdu cinq kilos en une seule journée !
Actuellement, dans la caravane du Tour, chaque jour amène son lot d’images de coureurs tentant de faire face à la chaleur. Mais la recette miracle n’existe pas.
4. Le phénomène Baptiste Veistroffer, plus fort que la Seixasmania ?

S’il est actuellement en lutte pour le prix du super combatif du Tour, Baptiste Veistroffer a déjà remporté le titre de coqueluche de la Grande Boucle. Avec ses attaques courageuses et, surtout, ses déclarations savoureuses, le coureur français de l’équipe Intermarché-Lotto crève l’écran. Un véritable distributeur de punchlines.
Pour la formation belge, sa médiatisation est une bonne chose. Veistroffer a déjà remporté deux prix de la combativité et est déjà monté deux fois sur le podium. Il a permis à Intermarché-Lotto d’exister bien plus que d’autres équipes dans cette première semaine.
Là où on attendait une véritable Seixasmania autour du jeune prodige français, cette popularité est finalement partagée avec un Veistroffer qui, avec sa personnalité bien à lui, a réussi à toucher les spectateurs et téléspectateurs.
5. Merlier, le yin et le yang

Tim Merlier est un personnage fascinant. En dehors du vélo, c’est un grand gaillard tout calme, humble et posé. Et pourtant, il sommeille en lui une énorme dose d’énergie et d’adrénaline que le coureur enclenche dès qu’il voit la flamme rouge d’une course. Dans ses sprints, Merlier débranche totalement le cerveau et entre en transe. Selon lui, c’est grâce à cela qu’il parvient à être aussi rapide.
Dans tous les Tour de France auxquels il a participé, Merlier a pris part à sept sprints massifs et il en a remporté cinq. Soit un taux de réussite à un peu plus de 70% ! Vu la qualité de ses sprints, vendredi à Bordeaux et (surtout) samedi à Bergerac, il ne fait aucun doute qu’il est, à l’instant T, le meilleur sprinteur du monde.