En Belgique, seules 16 % des cheffes d'exploitation agricole sont des femmes. Une proportion particulièrement faible qui ne se remarque pas uniquement chez nous. À l'échelle mondiale également, le métier reste principalement masculin, à tel point que les Nations unies ont décidé de faire de cette année l'année internationale des agricultrices.

La Foire de Libramont a donc décidé de ressusciter un concours qui n'avait plus eu lieu depuis 20 ans : celui de l'agricultrice de l'année. À l'issue d'un vote en ligne puis d'une série d'épreuves réalisées sur la Foire, c'est Maddly Ramelot, agricultrice en province de Namur qui a obtenu le sacre samedi.

"Je me suis un peu embarquée dans le truc à la dernière minute", plaisante Maddly Ramelot. Inscrite suite au désistement d'une amie, elle ne s'attendait visiblement pas à remporter cette édition. Depuis son stand de glaces faites à la ferme, cette agricultrice ne se remet toujours pas de l'ampleur de ce concours. "J'enchaîne les interviews depuis samedi, j'en suis à quatre ou cinq, confiait-elle dimanche. Celle qui a gagné la dernière édition m'a dit 'tu verras, ça va changer ta vie'. Dans mon cas c'est encore un peu tôt pour l'affirmer."

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Avant, elles n'avaient pas de statut

Son métier, Maddly Ramelot l'a développé sur mesure pour qu'il corresponde autant que possible à ses besoins et à ses envies. "Mon mari a repris la ferme de ses parents. Au départ je n'avais pas de rôle dans l'exploitation, mais au fur et à mesure j'ai développé la production de glace, j'adore cela, explique-t-elle. Je me suis également chargée d'ouvrir et de tenir notre magasin, à la ferme".

Heureusement aujourd'hui, les choses progressent, moi j'ai ma propre entreprise.

Passionnée d'agriculture, elle prend aujourd'hui en charge toute la production laitière et gère, avec son mari, les animaux et la besogne. Lui l'aide également pour la production de glace lorsque cela s'avère nécessaire. "Nous gérons l'exploitation ensemble, même si chacun a ses responsabilités. Travailler tout le temps à deux, ça n'aurait pas collé", plaisante-t-elle.

Pas question, affirme-t-elle, de reproduire le modèle classique de l'exploitation agricole d'antan. "Avant, l'agriculteur c'était le monsieur et bien souvent sa femme était cantonnée à un rôle d'aidante. Un semi-statut qui ne lui permettait même pas de cotiser pour sa pension. Heureusement aujourd'hui, les choses progressent, moi j'ai ma propre entreprise. Je ne serais jamais venue sur la ferme si c'était pour avoir ce 'statut'."

Inspirer des vocations

Évidemment, pour Maddly Ramelot, la ferme est une passion de toujours. Même si ses parents ne sont pas agriculteurs, elle a grandi baignée dans ce milieu. "Mes oncles et tantes étaient agriculteurs. Chaque fois que je leur rendais visite, je voulais aller à la ferme. Eux ne comprenaient pas, étant donné qu'ils y vivaient au quotidien."

Mais devenir agricultrice n'était pourtant pas une certitude de toujours. "C'est un métier très exigeant, nous sommes sur le qui-vive sept jours sur sept. Même lorsque nous ne sommes pas là, on s'inquiète de savoir si les vaches vont bien, s'il n'est pas arrivé quelque chose."

"Le monde agricole est dans une période de grand stress"

Lorsque l'on l'interroge sur ce qu'elle dirait aux petites filles qui rêvent de devenir agricultrice voici ce qu'elle répond : "Ce métier ne doit pas venir des parents ou d'autres personnes. C'est tellement intense au quotidien que ce ne peut être une obligation. Par contre si c'est quelque chose qui vous anime profondément, alors il faut y aller."

Huit autres agricultrices ont été mises à l'honneur samedi à la Foire agricole de Libramont pour leurs efforts en matière de préservation de la biodiversité, dans le cadre du concours "Qu'elle est belle ma prairie !", organisé par Natagora, l'ASBL Natagriwal ainsi que le syndicat agricole Fugea.

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