La Louvière : le PS et le PTB s'unissent contre la hausse des tarifs du TEC, le MR et Les Engagés votent contre la motion
La hausse des tarifs du TEC s'est invitée au conseil communal de La Louvière, provoquant un affrontement entre la gauche et le centre-droit. Le PS et le PTB ont travaillé main dans la main pour déposer une motion dénonçant les augmentations du prix des abonnements. Le texte a été adopté malgré l'opposition du MR et des Engagés.
Au cœur du débat figure le nouveau contrat de service public conclu entre le Gouvernement wallon et l'Opérateur de transport de Wallonie (OTW). Cet organisme public est chargé d'organiser et d'exploiter les transports en commun wallons sous la marque commerciale TEC.
Ce contrat fixe les obligations de service public, les objectifs de performance, les moyens financiers et les engagements réciproques de la Région et de l'OTW. Le nouveau dispositif prévoit notamment une autonomie de gestion accrue pour l'opérateur et une augmentation de la part des dépenses d'exploitation couverte par les recettes commerciales. C'est dans ce contexte que s'inscrivent les adaptations tarifaires contestées par la gauche.
Les jeunes et les seniors
C'est Lolita Dell'Area (PTB) qui a défendu la motion devant les conseillers communaux. Elle dénonce des augmentations particulièrement importantes pour certaines catégories de voyageurs.
"L'augmentation du prix des abonnements touche les jeunes mais aussi les plus de 65 ans. Pour un jeune Louviérois qui part étudier à Louvain-la-Neuve, l'abonnement annuel coûte 384 euros par an contre 12 euros auparavant, en plus du minerval qui a aussi augmenté, pouvant atteindre 1.200 euros. Pour les personnes âgées, le prix a décuplé, passant de 12 à 120 euros", dénonce-t-elle.
La motion demande au Gouvernement wallon et à l'OTW de revoir leur politique tarifaire afin de rendre les transports publics plus accessibles.
Le PS partage cette position. Emmanuelle Lelong pointe les conséquences du nouveau contrat de gestion. "OTW s'est vu accorder un contrat de gestion par le Gouvernement wallon. OTW dispose de plus d'autonomie mais ses recettes doivent passer de 10 à 14 %. Qui sont les victimes de ce nouveau contrat de gestion ? Les jeunes de 18 à 25 ans, mais pas que".
Pour la conseillère socialiste, cette politique va également à l'encontre des ambitions environnementales affichées par la Région. "Plutôt que de désengorger le parc automobile, on augmente les tarifs des abonnements des TEC".
Le MR et Les Engagés contestent les chiffres
Du côté des Engagés, Xavier Papier n'a pas été convaincu par les arguments de la gauche, malgré une réunion préparatoire qu'il qualifie d'intéressante. Il nuance notamment la portée des augmentations évoquées.
Selon lui, les abonnements annuels à 384 euros concernent les lignes Express, dont une seule dessert La Louvière en direction de Nivelles. Il rappelle également l'existence d'autres formules d'abonnement, notamment à 15 euros par mois.
De fausses huissières réclament plusieurs années de taxes poubelles à La Louvière : Une habitante déjoue la tentativeMême opposition du côté du MR. Lucie Delhaye souligne que les lignes Express ne représentent que 3 % du réseau wallon. Elle remet également en question la politique tarifaire menée sous la précédente législature. "À cause de la gratuité, ce sont 283 millions qui n'ont pas pu être investis dans les TEC", affirme-t-elle.
"La gratuité n'est jamais une réalité"
Le député régional Loris Resinelli (Les Engagés) est également monté à la tribune pour défendre la politique du Gouvernement wallon.
"Le tarif à 12 euros a été choisi par le gouvernement précédent qui, au final, savait très bien que ce prix avait une date de fin en 2026. Quand le ministre alors en charge de la Mobilité a épuisé les 42 millions, il est allé rechercher 19 millions d'euros dans une autre enveloppe. Ce n'est pas un cadeau qui a été fait aux jeunes", estime-t-il.
Le député reconnaît que les tarifs préférentiels ont permis d'augmenter le nombre d'abonnés, mais affirme que cette progression ne s'est pas traduite par une augmentation du nombre réel d'usagers.
Il cite notamment l'exemple de Dunkerque, en France, où les transports publics sont gratuits. "Dans cette ville, souvent citée en exemple par le PTB, le nombre d'usagers de la voiture n'a pas diminué. La gratuité n'est jamais une réalité. Il y a toujours quelqu'un qui paye".
Pour Loris Resinelli, le retour à une tarification comparable à celle pratiquée avant la crise sanitaire n'a rien de scandaleux. Il réfute également l'idée d'un désengagement régional, rappelant l'ambition du Gouvernement wallon d'investir dans une flotte de véhicules entièrement électriques à l'horizon 2040.
Ces arguments n'ont toutefois pas fait changer d'avis le PS et le PTB. À La Louvière, la motion a été adoptée, illustrant les profondes divergences politiques autour du financement et de l'accessibilité des transports publics wallons.