Carte du Kenya COURRIER INTERNATIONAL

Le Kenya a confirmé, mercredi 14 octobre, l’identification d’un second cas d’Ebola. L’homme de 39 ans, proche du patient zéro mort au début du mois, a été diagnostiqué positif à la maladie alors qu’il était en quarantaine, rapporte le Daily Nation.

“Sa maladie a été détectée à un stade précoce”, veut rassurer le docteur Patrick Amoth, directeur général de la santé du Kenya, cité par le journal de Nairobi. “Il se trouve désormais dans un centre de traitement spécialisé, où des équipes formées lui prodiguent des soins de soutien”, ajoute le titre.

Sa prise en charge “précoce” et son isolement à l’apparition des premiers symptômes améliorent ses chances de guérison et réduisent le risque de transmission du virus, estime Patrick Amoth.

Des solutions “conçues” pour ce type de scénario qui portent vraisemblablement leurs fruits. “Les deux cas sont liés, confirme-t-il, et rien n’indique une propagation au sein de la population en général.”

Cent vingt-huit cas contacts

Le premier patient kényan positif au virus Ebola est mort le 5 octobre à Nairobi, rappelle le média rwandais The New Times. L’homme de 40 ans l’avait contracté en République démocratique du Congo (RDC), où il habitait depuis sept ans. Les autorités kényanes ont recensé 128 cas contacts, dont plus d’une centaine ont été placée en quarantaine.

Le patient était arrivé à Nairobi le 3 octobre en passant par l’Ouganda, soulevant des questions sur les “contrôles aux points d’entrée”, notamment au poste-frontière avec l’Ouganda, et relançant des discussions sur “l’état de préparation du Kenya à l’égard du virus Ebola”, indique Business Daily Africa.

Le journal kényan fait notamment référence à un projet de centre de quarantaine à Laikipia, soutenu par les États-Unis, finalement avorté. “Le gouvernement américain s’était engagé à verser 13,5 millions de dollars [environ 12 millions d’euros] […], mais la construction de l’installation a été suspendue à la suite d’un litige judiciaire”, détaille-t-il.

Depuis, la Chine a supplanté Washington, en finançant Nairobi à hauteur de 129 millions de shillings, soit environ 890 000 euros, “pour renforcer la préparation face à Ebola”, explique Business Daily Africa.

Réponses locales

La prise en charge de ce patient prouve la capacité du Kenya “à mettre en place une réponse nationale dans la capitale”, écrit Al-Jazeera. Mais face à un cas “suspecté” dans la ville de Wajir, dans le nord du Kenya, le média panarabe se questionne sur la protection et la préparation des communautés “situées loin des grands hôpitaux, des laboratoires et des pôles de transport”.

Même si les autorités locales affirment que le test n’a pas révélé de virus chez ce patient, “cet incident a mis en évidence l’importance pour les établissements de santé locaux de pouvoir détecter les cas suspects d’infection, d’isoler les patients en toute sécurité et de communiquer des informations fiables aux habitants”.